Peut on rire de tout

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1183 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Peut-on rire de tout ?

Dans un pays où la liberté d’expression est une valeur fondamentale, la réponse devrait être oui, on peut rire de tout. L’humour a été de tout temps utilisé comme un moyen d’expression par les artistes, qui décrivaient le monde qui les entoure, en touchant à des problèmes de société. On dit souvent d’eux qu’ils disent tout haut ce que les autres pensent tout bas.

Ilest difficile de définir l’humour. Il varie d’une personne à une autre, d’un pays à un autre. Ce n’est pas seulement un mode d’expression, c’est un véritable état d’esprit. Selon certains psychologues, « l'humour peut permettre de se tirer habillement d'affaire, en déminant des situations relationnelles tendues ou en camouflant, sous couvert du "c'est pour rire", d'autres types de transgressionsd'interdits ».

A l’époque, des humoristes tels que Coluche faisaient des blagues sur les juifs, les handicapés et les homosexuels, aujourd’hui les temps ont changé. Certains humoristes se font renvoyés des antennes radio, d’autres reçoivent des menaces et pour la grande majorité ils s’auto censurent. Toutes les vérités ne sont plus bonnes à dire. Dans un pays qui prône la liberté d’expression,ce n’est pas normal que certains artistes soient censurés. Ce n’est presque plus possible de faire rire sans égratigner personne. Les plaisanteries sont souvent difficilement politiquement correctes, il y a toujours une victime.

Le politiquement correcte

Parlons un peu du politiquement correct qui pousse les humoristes à l’auto censure. Quand on fait une blague sur les homosexuels parexemple, on est irrémédiablement catalogué comme homophobe. Le politiquement correct désigne, presque toujours pour la dénoncer, une attitude véhiculée par les politiques et les médias, qui consiste à adoucir excessivement les formulations qui pourraient heurter un public catégoriel. Pour ses détracteurs, le politiquement correct met ainsi en place un carcan intellectuel que toute expression d'uneopinion doit accepter, imposant en fin de compte d'adopter un ensemble d'idées.

Le politiquement correct est une question qui touche beaucoup les humoristes, c’est en quelque sorte leur barrière, ils doivent souvent adapter leur texte en fonction du contexte politique ou religieux, ils doivent penser à ce qui sera accepté ou pas. Ne confondons pas le politiquement correct, qui est la peur dechoquer, avec la responsabilité, qui est le refus de mal agir.

Un article paru en dernière page du journal « Le Monde » en mai 2005 intitulé « Réparations » illustre ceci. L'objet de cet article est de montré combien la mode de l'attitude "politiquement correct" a faussé l'objectivité de nombreux médias et également celle de bien des intellectuels.

L’humoriste français Dieudonné a été poursuivipour diffamation raciale à la suite d’un sketch où il mettait en scène un colon juif extrémiste. Après plusieurs mois de procédure judiciaire, le tribunal de Paris a tranché, en faveur de l’humoriste jugeant que les propos de l’humoriste ne présentaient pas un caractère diffamatoire à l’égard des juifs. Dieudonné tentait de caricaturer un colon juif extrémiste, et non toute la communauté juifs.Par ce jugement, le tribunal a reconnu aux humoristes le droit de critiquer, sans être taxé d’antisémites, homophobes ou autres.

Dans le spectacle incriminé, Dieudonné a pourtant abordé plusieurs sujets de société différents. En mettant en scène des arabes, des noirs et des français. Mais son spectacle a été censuré, et annulé dans plusieurs salles de spectacles en France pour un sketch de 5minutes, mettant en scène un colon juif. Ce genre de censure nous amène à nous demander pourquoi certains sujets sont plus censurés que d’autres. Dès que l’on aborde un sujet touchant la communauté juif, on se voit automatiquement attaqué, par les médias, et par toutes les associations défendant leurs intérêts. La liberté d’expression est bridée par des plaintes d’associations communautaires...
tracking img