Peut on se connaitre soi-meme sans l'aide d'autrui

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1458 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 janvier 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Aristote, philosophe de l’antiquité, nous pose ici une question fondamentale : Peut-on se connaître soi même sans l’aide d’autrui ?
Il y répond en disant que nous avons besoin du rapport à un ami pour nous connaître. Les grandes lignes de son argumentation se présentent ainsi :
Tout d’abord il met en avant un paradoxe, se connaître est un plaisir et c’est difficile, puis pour sortir de ceparadoxe, il propose une analogie entre l’action de se contempler dans un miroir et celle de regarder un ami ; pour conclure, il réfère à l’homme autosuffisant et le convoque à procéder de la même façon s’il tient à apprendre à se connaître.
Le problème philosophique de ce texte provient de la contradiction apparente entre la question de se connaître soi même et la référence à autrui pour mener à biencet apprentissage mais plus profondément, on peut se poser la question suivante : est ce que la conscience de soi par l’intermédiaire d’autrui au sein d’une relation en miroir signifie que la connaissance de soi est dépendante de l’autre ? Dans ce cas l’injonction à se connaître soi même n’aurait plus de sens. Ou plutôt qu’est ce qui se noue dans la relation d’amitié qui nous nous permet derevenir vers soi et de mieux se connaître ?

Se connaître soi même est l’injonction de l’oracle de Delphes à Socrate, elle caractérise ce que le philosophe doit chercher avant tout. C’est donc la question fondamentale de la philosophie, pourtant cette question semble tellement anodine, ne nous connaissons pas nous même depuis notre venue au monde sans avoir besoin d’y penser ?
Aristote poursuit, ilest à la fois difficile et c’est un très grand plaisir que de se connaître. En quoi consiste donc la difficulté à se connaître soi même ? Et pourquoi mettre en place ce paradoxe ?
Il est vrai que si nous y pensons à deux fois, si nous y réfléchissons, nous pouvons nous apercevoir que nous avons des opinions sur nous mêmes. Par exemple nous nous croyons courageux et lorsque la vie nous met faceau danger : nous fuyons. Nous sommes peureux. Il peut y avoir une contradiction entre ce que nous pensons que nous sommes et nos actions. Se connaître soi même est difficile. Mais lorsqu’il arrive que nous soyons confirmés dans notre pensée sur nous même par nos actions, alors nous éprouvons le plaisir qui naît de la confiance en soi et en notre jugement.
Mais, et Aristote fait ici uneobjection, se connaître n’est pas la même chose que se contempler soi même. Quelle est la signification de cette opposition entre contempler et connaître ?
Se contempler est se regarder dans un miroir, ce mot implique une certaine satisfaction mais aussi une admiration de soi même. C’est donc un plaisir de se regarder comme dans un miroir. Dans la contemplation on est dans l’autosatisfaction. On ne trouveque des raisons de continuer à s’aimer soi même. C’est à dire qu’au fond on est dans la situation de Narcisse qui est tellement repris dans cet amour de soi qu’il s’y noie. Autrement dit, la contemplation ne nous apporte pas la connaissance mais l’autosuffisance et l’orgueil. On ne peut arriver à partir de là à la connaissance de soi, qui demande l’épreuve de la réalité. Mais elle est toujoursfacteur de désordre, de contradiction, par le fait qu’elle apporte de quoi surprendre toutes nos prévisions.
La preuve nous dit Aristote, on peut l’apercevoir dans la manière avec laquelle nous adressons à autrui des reproches. Qu’est ce que reprocher quelque chose à quelqu’un ? Dans quelles conditions naissent les reproches ?
Reprocher quelque chose à quelqu’un, c’est tout d’abord avoir éprouvéun sentiment de colère ou de mécontentement à partir de ce qu’autrui a fait ou justement n’a pas fait. Ce reproche naît de l’insatisfaction par rapport à autrui, dans la relation que l’on tisse avec lui. Or nous dit Aristote, si nous faisons des reproches c’est parce que nous ne prenons pas conscience du fait que ce sont nos erreurs qui provoquent notre insatisfaction. C’est à dire que c’est...
tracking img