Peut ton etre esclave de soi meme

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  • Publié le : 14 décembre 2010
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Peut-on être esclave de soi-même ?

Définitions
peut : Est-il possible, est-il légitime.
être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple :l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
esclave : Personne de condition non libre, qui peut être vendue et achetée et forcée à travailler, le plus souvent sans autre contrepartie que le logement et la nourriture.
même : Analogue, aussi, égal, identique, uniforme.

Un esclave est une personne placée sous la dépendance absolue d’un maître. Cettedépendance implique l’abdication de son libre arbitre au profit d’autrui, c'est-à-dire, le renoncement à sa faculté de se déterminer librement et d’agir sous la conduite de sa seule volonté.
A première vue, la question « peut-on être l’esclave de soi même ? » ne saurait être que surprenante. Il semble en effet qu’elle implique une contradiction dans les termes : si être esclave, c’est être sous ladépendance absolue d’un maître comme nous venons de le préciser, alors on ne saurait être l’esclave que d’autrui, d’un autre que soi même.
Pourtant, des exemples littéraires ou empruntés à la réalité peuvent nous fournir des exemples d’hommes esclaves d’eux-mêmes, c'est-à-dire, choisissant de s’asservir eux-mêmes à la toute puissance prétendue de leurs passions ou de leur volonté.
Enfin, une foisque nous aurons déterminé si l’homme est capable d’être l’esclave de lui-même, nous pourrons nous demander s’il a également le pouvoir de se libérer de sa propre emprise, et de choisir la liberté contre l’asservissement qu’il s’impose à lui-même.

I. Etre l’esclave de soi même : un paradoxe parfait 
a. L’esclavage : une soumission à autrui ?
Comme nous l’avons posé en introduction, il n’y ad’esclavage que relativement à autrui. En effet, l’esclavage est la situation d’un être qui ne peut agir ni penser à sa convenance, mais dont l’action et la pensée émanent directement de la volonté d’un autre être, qui à tout pouvoir sur lui. Dans une parabole célèbre (la « parabole du maître et de l’esclave ») Hegel évoque la situation de deux hommes, qui font tout deux l’expérience du maître absolu(c'est-à-dire la mort) et dont l’un faiblit, recule, au contraire de l’autre. Le premier devient donc l’esclave de l’autre, situation incompatible avec la possibilité d’un esclavage à soi même.
b. L’esclavage : une réalité sociale et économique
Parler d’esclavage à soi même ne peut se faire qu’en édulcorant la réalité de l’esclavage. En effet, celui-ci est une réalité économique, sociale, unmodèle historique de sociétés, qui a existé et qui existe toujours sous des formes nouvelles. Hannah Arendt, dans « Conditions de l’homme moderne » rappelle que les sociétés antiques, notamment la société romaine, employaient l’esclavage pour décharger une part privilégiée de la population de ce qu’elle nomme « le fardeau de la vie ». Parler d’esclavage d’un homme par lui-même, c’est déformer le sensréel du terme d’esclavage, et confondre un modèle économique et social avec une simple pression de l’individu exercée sur lui-même.

II. Etre l’esclave de soi même : une soumission moins paradoxale qu’il n’y parait

a. La complexité du sujet autorise une réponse affirmative à la question posée

Freud a bien montré qu’il y a en l’homme trois sujets, le moi, le ça et le sur-moi. Placé entreces deux instances opposées, le moi peut être l’esclave de ses instincts les plus bestiaux (sexuels, meurtriers, suicidaires…) ou les plus élevés (ambition, volonté de se dépasser ou de surpasser autrui…). En ce sens, on peut dire qu’il est possible d’être l’esclave de soi même, car la psychanalyse a montré que l’homme peut subir l’autorité des pulsions émanant du ça ou du surmoi, qu’il subit...
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