Phedre

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  • Publié le : 11 juin 2011
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Les éditions M/A

Marc Antony

HISTOIRE D’UN PONGISTE ORDINAIRE

A mes parents qui m’ont donné la vie et la mort

Jamais la haine ne cesse par la haine Seule, la bienveillance annihile la haine : Ceci est la loi éternelle et immuable

(Le d’hammapada ou sentier de la doctrine)

Préface Voici enfin un ouvrage sincère et exhaustif qui raconte l’œuvre d’un pongiste extraordinaire : carne nous méprenons pas, l’auteur de cette composition n’est pas ordinaire ; au-delà de sa passion évidente pour le ping-pong, il rayonne tout naturellement en nous relatant cette émouvante histoire qui est la sienne. Chez lui, la flamme ne s’éteint pas, il ne calcule pas le retour sur investissement. Il renvoie ainsi chacun de nous sur notre propre parcours de sportif, pongiste ou pas, en nousinvitant finalement à prendre de la hauteur. Guidé par le respect des valeurs essentielles et fondamentales du sport, Denis nous livre avec simplicité, purement et loyalement, la vérité d’un amoureux de la petite balle. Un bonheur à déguster sans modération. François Farout

Il a terminé sa rencontre, sa main moite vient serrer la main de son adversaire. Dans un geste rapide, il revêt la veste deson survêtement afin de garder un peu de chaleur et ne pas prendre froid. Il s’essuie avec sa serviette, les traits du visage burinés par les efforts répétitifs. La sueur encore heureuse de la victoire. Il cherche en vain un second souffle, malgré le bruit incessant des balles et des cris stridents des acteurs qui continuent d’en découdre. Pour trouver un peu de calme et de réconfort, il se dirigevers le couloir et constate avec stupéfaction et amertume au travers de la grande porte vitrée de la sortie, que la pluie tombe avec fracas sur le bitume. « Bon Dieu pas moyen de trouver un peu de repos !» se dit il. Il cherche en vain à faire le vide dans sa tête, il cherche en vain la moindre parcelle de ciel bleu, le moindre petit bout d’espoir qui pourrait le réconforter. Non, il voit lesnuages lourds et noirs qui sont venus grignoter cette inconnue que les hommes voudraient comprendre. A cet instant, il comprend que cela ne sert à rien de s’énerver et trouve pendant quelques secondes la paix intérieure, puis réveillé par un sursaut, il entend l’appel de son nom et d’un pas rapide il se dirige vers l’enceinte mais le temps semble le rattraper et dans un flash il pense au premier jourde sa rencontre avec le tennis de table. Il ne savait pas que d’autres jours suivraient le premier jour, il ne savait pas qu’il serait là encore aujourd’hui malgré son âge et les blessures de la vie, à se débattre contre lui-même pour chercher cet ultime plaisir que l’on nomme la victoire sur soi-même. Non, ce soir en commençant d’écrire cette histoire, il fait comme ces milliers de licenciés, ilprie en pensant que jamais, mais jamais ne vienne le dernier jour où il ne pourra plus tenir sa raquette.

- Les enfants, rangez vos affaires dans votre cartable et assurez vous de ne rien oublier sur votre bureau ! Dans cinq minutes il sera 16h 30, l’heure de quitter l’école ! C’est sur un ton sec, d’une voix grave, usée par le tabac, la peau ridée par le soleil que Madame Devaux laquarantaine, institutrice à l’école Jules Ferry de Villejuif depuis des années, s’exprime auprès de ses élèves. Comme tous les jours, la sonnerie nous rappelle que nous devons nous mettre en rang et en silence, car la discipline est de rigueur dans notre établissement. A présent, je sais que la journée est terminée, encore quelques instants, le temps d’être sage, enfin je serai libre comme tous mescamarades garçons de ma classe. La mixité n’existe pas dans notre école. À la récréation nous sommes séparés par un muret, les filles d’un côté, les garçons de l’autre. Dès que j’ai pointé le bout de mon nez dehors, j’ai senti venir le froid sec se plaquer sur mon visage juvénile. Nous sommes en hiver et la nuit tombe vite ce vendredi 18 décembre 1970. Mon cartable est lourd et bourré à craquer et...
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