Philippe starck

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  • Publié le : 9 décembre 2010
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Philippe

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Quentin
Lenoir

« Quand vous voyez la lune, l’image que vous en avez a deux secondes de décalage. Quand vous voyez le soleil, l’image que vous en avez a huit minutes de décalage. Quand vous voyez les étoiles dans le ciel, elles ont une moyenne entre dix et douze milliards d’années lumière de décalage. Autrement dit, ce que vous voyez comme LES CHOSES qui font notre monde,le plus stable, en général n’existe déjà plus.»

P. Starck

Philippe Starck Designer créateur architecte

Mercredi 1er décembre 2010,
Interview menée dans le cadre
d'un devoir d'étudiant par un
élève de l'Académie Charpentier.

QL : Philippe Starck, à l'âge de 61 ans, vous pouvez sans fausse modestie affirmerêtre l'un des designers les plus réputés de la planète. Accepteriez-vous de nous consacrer quelques instants afin que nous puissions comprendre qui vous êtes ?

P.S : Il est toujours intéressant de prendre le temps d'un peu de recul sur sa vie. Prendre le temps de regarder, juste un instant, par dessus son épaule, histoire de se dire «tiens, c'est vrai, j'ai fait un sacré bout de chemin!»

QL :Alors, qui est Philippe Stark ?

P.S : Qui suis-je ?
Je m’appelle Philippe Starck, je suis né le 18 Janvier 1949 à Paris et j'aime me voir comme une sorte de citoyen du monde, électron libre dont le plus grand plaisir consiste à entrouvrir des cerveaux parfois crispés, téléguidés, prédestinés par une vie finalement souvent sans surprise.
Mon père, André Starck, était concepteur d’avion. De cethumour qui lui était propre, il m'avait soufflé un jour dans un sourire que si son métier l'intéressait, il n'était pas pour autant «très planant». Et si l'enfant que j'étais n'a pas saisi tout le sens de cet aveu, je me demande aujourd'hui si cette petite phrase n'a pas eu son rôle à jouer dans la découverte de ma vocation.

QL : Que voulez-vous dire ?

P.S : Au plus loin dont je mesouvienne, et contrairement à mon père, j'ai toujours eu la passion de mon métier. Un choix, un destin ou simplement la chance ?

QL : Vous voulez dire que vous êtes «tombés» dans le design par accident, par coup du hasard ?

P.S : Non, bien au contraire ! Fasciné, dés mon plus jeune âge par tout ce qu’il m’entourait, je me souviens avoir passé des après midi entières à fouiller dans le moindre recoinle bureau de mon père à la recherche d’un quelconque objet pouvant être démonté, observé, remonté, redémonté, et ainsi de suite. Je n'avais de cesse de lui trouver une autre destinée ou tout du moins un autre emploi. C’était devenu une habitude, un rituel : je me plaçais sous la table à dessin de mon père pour bricoler, découper, rafistoler, monter tout ce qui me passait entre les mains. Monpère, souvent, me savait là et je sentais présence bienveillante, là, à porté de main, à portée de conseil, encourageant mes élans les plus fous. Je voyais passer au dessus de ma tête des rouleaux de calque, des maquettes d’avion de toutes tailles.
Grandir dans une telle ambiance, dans une véritable marmite créatrice, n’a pu que développer et favoriser mon goût inné pour le dessin, la création et lemaniement des objets et du rêve.

La suite semblait couler de source. Après une scolarité secondaire au collège Notre-Dame de Sainte-Croix à Neuilly-sur-Seine, je pris le chemin qui semblait être le mien et j'intégrais, dans le cadre de mes études supérieures, l’École Nissim de Camondo à Paris. Malgré tout, malgré l'encadrement adéquat dont je disposais et l'enseignement de qualité qui étaitdispensé, je ne me sentais pas à ma place au milieu de tout ces jeunes, enfants prilégiés, couvés, aveuglés par une vie trop facile, fils à papa n’ayant jamais mis le nez dehors.

QL : Vous avez la dent dure !

P.S : J’étais jeune, j'étais dur et intransigeant : je voulais du vrai ou du moins, la recherche du vrai.

QL : Alors, qu'avez-vous fait pour sortir de ce moule trop à l'étroit ?...
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