Philo - explication de texte - rousseau, emile, livre ii, bonheur

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  • Publié le : 20 mai 2011
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Explication de texte : J. –J. Rousseau

Qu’est-ce que le bonheur et comment l’atteindre ? Rousseau répond entre autres à ces problèmes dans son traité d’éducation Emile, composé de cinq Livres censés répondre idéalement aux questions éducatives qui émergent du garçon fictif Emile selon ses âges (le Livre II correspond à la tranche d’âge 5-12 ans). Les définitions du bonheur, et de lamisère, déduite de la précédente, lui permettent de réfléchir aux possibilités de l’homme pour atteindre « la sagesse humaine ou le vrai bonheur ». En effet c’est après avoir démontré successivement que deux « voies » que l’homme serait tenté de prendre pour accéder au bonheur tel qu’il est défini mènent à des impasses que le philosophe des Lumières arrive à la conclusion que le bonheur est accessibleà qui « diminu[e] l’excès de [ses] désirs sur [s]es facultés et donc à « mettre en égalité parfaite [s]a puissance et [s]a volonté.

Dans la première partie de l’extrait, Rousseau fait une série de constats, issus du sens commun ou d’une recherche à peine plus approfondie. Il énumère donc les caractères du bonheur des hommes : d’une part, de la même façon que David Hume dans son Traitéde la Nature humaine on ne peut jamais se saisir d’une perception car elles sont dans un « flux continuel », qui n’est pas totalement désordonné cependant car l’un des caractères de la conscience de l’homme est son ipséité, soit sa propension à continuer à se reconnaître comme le même individu malgré ce « flux  continuel » modifie nos perceptions au fil du temps.
D’autre part il remarque que lessensations de « bien » et de « mal » nous sont « commun[s] à tous ». En effet même l’homme rendu heureux par sa position élevée dans l’échelle sociale ne peut pas échapper à certaines contraintes de la vie (par exemple au mauvais temps) qui va provoquer chez lui de légères insatisfactions auxquelles il ne peut pas remédier ; de la même façon l’homme le plus malheureux continue à sentir desplaisirs même s’ils sont brefs et peu fréquents. Cette remarque présuppose que cette impossibilité à atteindre les extremums de l’échelle des plaisirs et de la misère nous est imposée par l’omniprésence de perceptions de notre conscience développée. Seule la mort nous permet d’échapper à ce flux continuel de perceptions.

De ces constats Rousseau déduit un moyen de mesurer le bonheur. Il résume parcette phrase « Toujours plus de souffrances que de jouissances : voilà la différence commune à tous » sa pensée : puisque tous les hommes ressentent des plaisirs et des peines en différentes proportions, la quantité de « félicité » ou contentement que chacun « possèderait » serait la différence arithmétique entre la somme de nos plaisirs la somme de nos peines.

Lorsque Rousseau écrit que« Tout sentiment de peine est inséparable du désir de s’en délivrer », il présuppose que la misère est liée à la faiblesse de l’homme. L’homme prend conscience se sa faiblesse lorsqu’il se rend compte qu’il ne peut satisfaire ses besoins. En effet Rousseau lui-même écrit que « Celui dont la force passe les besoins, fut-il un insecte, est un être fort. Celui dont les besoins passent la force, fut-il unconquérant, fut-il un dieu, c'est un être faible. » Aussi selon lui notre malheur tiendrait au fait que nous ne satisfaisons pas absolument tous nos désirs. Cependant s’il est évident que Rousseau a raison en disant que « toutes les privations qu’on sent sont pénibles » il n’explique pas que seules ces privations sont à l’origine de notre misère. Il y a donc une hypothèse non vérifiée dans sonraisonnement. Pourtant il affirme que si un être pouvant percevoir avait les moyens de satisfaire exactement ses désirs (ni plus, ni moins), donc se débarrasser des privations qu’il sent, serait un être « absolument heureux ».

Ainsi après avoir examiné les caractères du bonheur Rousseau pose une question oratoire à Emile : « En quoi donc consiste la sagesse humaine ou la route du vrai...
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