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  • Publié le : 28 novembre 2010
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Sujet : La liberté consiste-t-elle à faire ce qui nous plaît ?
 
Il est fréquent de penser que la liberté consiste essentiellement à faire ce qui nous plaît. C’est ainsi que l’on pense le temps libre, celui des loisirs, de la détente. Ne rien faire peut même passer pour l’essentiel.
Et pourtant comment admettre que c’est dans le simple fait que la vie s’écoule paisiblement que résideraitl’essentiel de la liberté ? N’est-on pas d’autant plus libre que l’on fait volontairement ce qui déplaît ? Est-il libre celui qui boit du matin jusqu’au soir parce que cela lui plaît ? Un homme qui passerait sa vie à dormir serait-il libre parce que c’est là son activité préférée ?
Demandons-nous donc s’il n’y a pas tout autre chose dans la liberté que sa définition courante « faire ce qui nousplaît ».
 
Faire ce qui nous plaît, c’est faire ce que nous désirons. En effet, le désir est la condition du plaisir. C’est le cas lorsqu’on est rassasié ou las de quelque chose qui nous fait habituellement plaisir. Ainsi, même le gourmand peut en avoir assez de manger.
Admettons avec Hobbes dans le chapitre XI du Léviathan que le désir n’a d’autre finalité que de se perpétuer, sans quoi nousserions comme morts, dès lors, nous pouvons faire résider la liberté dans le fait d’effectuer ce que nous désirons, quoi que nous désirions et pour quelque raison que nous le désirions.
Peu importe ce que nous désirons, l’essentiel est d’obtenir l’objet de nos désirs. En effet, un simple divertissement peut donner autant, voire plus de plaisir qu’une “grande” œuvre d’art.
Que nous soyons ou nonfondés à désirer ce que nous désirons, l’important est de désirer et il vaut mieux un désir factice que pas de désir du tout. C’est qu’en effet, il faut alors nier toute fin dernière qui devrait donner sa loi au désir.
C’est pour cela que la liberté dépend du pouvoir que nous possédons. Et c’est pourquoi Hobbes voit dans le pouvoir l’objet universel du désir en tant qu’il permet d’obtenir pourchaque homme ce qu’il désire.
On rejoint ici l’opinion commune qui définit la liberté aussi bien comme faire ce qui plaît et l’absence de liberté par l’impuissance. Bref, être libre revient à obtenir ce qu’on désire ou ce qu’on veut, comme on voudra dire. S’il faut distinguer la volonté du désir, ce serait uniquement en cela que la première désigne la décision finale alors que le premier désignela tendance constante de notre vie.
À l’inverse, ne serait-il pas absurde d’affirmer libre celui qui n’obtiendrait jamais ce qu’il désire, quoi qu’il désire par ailleurs ? Que nos désirs ne dépendent pas de nous n’interdit pas de penser que c’est en les satisfaisant que nous sommes libres de même que la vie elle-même ne dépend pas de nous.
Toutefois, concevoir une telle liberté, c’estfinalement nier tout choix, toute initiative et donc toute responsabilité. Dès lors, ne faut-il pas penser qu’être libre, c’est choisir et que nous pouvons choisir ce qui nous plaît pas ? Mais pourtant, que signifierait un choix qui serait contraire à ce qui nous plaît ?
 
Si l’on se donne le cas d’un homme qui aurait tout ce qu’il désire à condition de n’avoir aucune initiative, d’être une sorted’esclave, on peut penser que personne ne voudrait d’une telle vie. Bref, dans l’idée de liberté, il y a aussi celle de choix. Lorsque nous est commandé ce que nous désirons, il arrive que nous refusions. Russell donne dans Science et Religion l’exemple de Galilée qui s’était vu interdire les mathématiques par son père. Il transgressa son ordre pour en faire. Il est clair que cette science passe pourdéplaisante dans la mesure où elle est une “obligation” scolaire. Entendons qu’elle est une sorte de contrainte.
Choisir est donc bien plutôt l’essence de la liberté. C’est pour cela que l’oiseau ou le fleuve n’est libre que par métaphore. En réalité, l’un est déterminé à agir par son instinct et l’autre par les forces physiques. La liberté s’oppose donc au déterminisme, c’est-à-dire au...
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