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  • Publié le : 27 janvier 2010
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Philosopher, est-ce bien sérieux ?

Petit préalable utile : Qu’est-ce qu’une réflexion philosophique ? Comme tout sujet de Philosophie ce sujet se présente sous la forme d’une question.. Il y a deux façons de répondre à une question, une manière non philosophique et une manière philosophique. Une réponse non philosophique est une réponse directe, j’entends par là une réponse qui peut-êtreremarquablement riche, argumentée, intelligente etc. mais qui se contente d’accepter la question telle quelle et suppose connus et non problématiques les termes qu’elle emploie.
Exemple : Si la question est « Ceci est-il beau ? », une réponse non philosophique consiste dans une réponse directe, éventuellement nuancée et riche, intelligente et cultivée, mais qui répond directement à la questionen examinant seulement l’objet et en regardant si on peut le ranger sous le concept, supposé connu et clair, de beau. Une réponse philosophique, elle, commencera par s’interroger sur la catégorie de jugement qui est exigée : le beau. Une réponse philosophique consiste donc d’abord à déplacer la question en montrant que le vrai problème, ou au moins celui qui conditionne une vraie réponse, est« qu’entend-on par beau ? » Une réponse philosophique consiste donc toujours d’abord à s’interroger sur la question elle-même et à élaborer les conditions de possibilité d’une réponse non dogmatique.
La deuxième difficulté est que la dissertation de philosophie doit faire semblant qu’il s’agit d’une réflexion « en direct », autrement dit elle ne doit pas prendre l’apparence d’un cours dephilosophie, préalable à la réponse. Vous devez donc mettre en scène (oui, c’est un peu artificiel, je l’accorde !!) votre travail de réflexion, comme s’il était spontané, comme si la nécessité de faire de la philosophie naissait des difficultés qu’une réponse trop spontanée ferait naître. Voilà pourquoi il faut commencer par une réponse « opinionnelle », celle-ci entraînant un questionnement philosophique.En bref, pour ce sujet, toute réponse, si riche, détaillée, cultivée soit-elle, qui n’examine que l’objet de la question, c’est-à-dire la Philosophie, mais ne prend pas en charge un questionnement sur ce que cache cette catégorie de « sérieux » est donc non philosophique. Mais il faut s’arranger pour éviter le plan :
I) Qu’est ce que le sérieux ?
II) Philosopher est-ce bien sérieux ?Comment procéder concrètement ?
Il ne s’agit pas ici d’une analyse fouillée se fondant sur la complexité de l’intitulé (comme dans l’exemple donné en classe « dans quelle mesure peut-on se libérer du passé ? »), il faut donc partir de ce que dit l’opinion sur le sérieux : de quoi dit-on que c’est sérieux ? De quoi dit-on que ce n’est pas sérieux
Sérieux :
• Un élèvesérieux, pas forcément un bon élève, mais appliqué, qui « joue le jeu » : qualité de celui qui s’implique dans ce qu’il a à faire. Sérieux signifie ici impliqué ou appliqué, par opposition à dispersé, inattentif. Terme laudatif. Image de gravité. Le sérieux est donc une attitude d’engagement dans son acte.
• Qualité de celui qui fait bien ce qu’il a à faire, qui se donne les moyens d’êtreefficace. Etre sérieux c’est être conséquent avec soi-même, c’est savoir ce que l’on veut et le mettre en œuvre en considérant les conséquences à long terme. L’homme sérieux est un homme responsable, qui s’inscrit dans le temps, regarde l’avenir. Le sérieux s’est donc la prise en compte du long terme.
• Adjectif qui qualifie ce qui est n’est pas anodin, voire ce qui est grave : un accidentsérieux, une maladie sérieuse.
• Etre sérieux c’est se consacrer à ce qui a de la valeur, qui est utile et non pas futile.
• Cependant s’y attache souvent aussi un soupçon de critique : il manquerait au sérieux ce brin de fantaisie qui fait aussi bien l’agréable compagnie, que cette créativité qui vient de la fantaisie ?
Non sérieux : papillonner, en rester à ses désirs...
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