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  • Publié le : 17 novembre 2009
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Qu’est-ce que le moi ?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants ; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement,pour ma mémoire, m'aime-t-on? moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ?Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées.

La première fois que j’ai lu ce texte, ce qui m’a frappé, ce ne fut pas la difficulté de découvrir le moi, mais plutôt les conclusions surl’impossibilité d’aimer quelqu’un. Qu’est-ce que le moi ?
Passant dans la rue un homme me voit… mais ce n’est pas moi qu’il cherchait…
Je ne suis pas attendu, c’est par hasard que j’ai rencontré des hommes sur ma route, je n’aurai pas été là, ils auraient vécu, et certainement dans un bonheur semblable à celui que ma compagnie leur a donné.
Mais Untel à qui je plais, est-ce vraiment moi qu’il aime ? Non, unjour bientôt mon corp changera et si je plais encore ce sera par souvenir, ou par concupiscence.
Mais il est bien des choses qui sont moi plus que d’autres, j’ai un caractère, une manière de penser, j’ai ce qu’on appelle des qualités et des défauts ainsi que des compétences. Mais voila, comme mon visage, mon caractère change, et il se peut qu’il change profondement, tellement profondement quecelui qui m’a aimé ne m’aimera peut-être plus un jour.
Ressortons un instant du texte, je vois qu’on ne m’attend pas, qu’on m’aime pour des choses qui peuvent changer, mais qu’est-ce que cela m’apprend sur le moi ? Je sèche… continuons, peut-être la réponse viendra d’elle-même.
Où est donc ce moi ? je change, mais pourtant je reste toujours moi-même, enfin il me semble. Je dois être comme cette pâteà modeler, à laquelle on peut donner multiples formes, si bien qu’on ne sait plus si elle est boule, cube, bonhomme ou empreinte de doigts. On aime la pâte à modeler parce qu’elle change, mais quand ayant séchée elle est devenue dure, l’enfant la jette sans vergogne, parce que cette pâte ne peut plus être modelé.
On n’aime pas quelqu’un parce que c’est lui, mais parce qu’il est comme ceci, oucomme cela. On ne sait peut-être pas toujours pourquoi on aime les gens, mais on sent que c’est pour quelque chose.
Alors voila, je peut changer et devenir quelqu’un d’autre au point qu’on ne m’aime plus.
Mais pourquoi on ne m’aimerait pas pour moi, sans tenir compte de mes qualités, d’un amour comme celui du Dieu de Jésus ?
« Hé bien, Jean, attend, et les hommes qui sont si bons t’aimerons sanstenir compte ni de tes défauts, ni de tes qualités, seulement pour «toi»… »
Non, vraiment, il n’y a rien à attendre de ce côté. Ce ne sera jamais que pour la façon dont je suis qu’on m’aimera. Plus encore, je serai injuste demander qu’on m’aime pour moi. Est-ce que moi j’aime les autres toujours, indépendamment de leurs actes et de leurs paroles, suis-je assez fort pour désirer tous les corps,sans tenir compte ni de leur beauté, ni de leur laideur ?
On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. Et il suffirait que surgisse quelqu’un de semblable à moi, et qui n’aurai pas mes défauts, pour qu’on m’abandonne, et avec raison. 
Voila pourquoi, dit Pascal, on a bien raison de se fier aux apparences pour aimer : sur quoi d’autre jugerions nous les gens ? Il nous faut des...
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