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  • Publié le : 10 août 2010
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L'INCONSCIENT

NOTIONS CONNEXES : LA CONSCIENCE, LE DESIR, LA LIBERTE.

En un premier sens, l'inconscient peut se définir de façon négative comme ce qui n'est pas conscient ou comme ce qui est non-conscient. Les mécanismes du corps, les fonctions biologiques, les mouvements habituels sont des processus inconscients ou non-conscients, c'est-à-dire dont nous n'avons pas conscience aumoment où ils s'effectuent. On ajoutera à cela les intermittences de la conscience comme l'évanouissement, le sommeil ou le coma.
La mise en évidence de l'inconscient ou, plus exactement, de l'inconscience, ne remet pas fondamentalement en cause le primat accordé par la philosophie classique à la conscience. Pour Descartes, par exemple, pensée et conscience ne font qu’un : « Par le nom depensée, écrit Descartes, j’entends tout ce qui est en nous de telle sorte que nous en soyons immédiatement conscients ». La conscience, dans cette perspective, n'est rien d'autre que la présence et la transparence de la pensée à elle-même, de telle sorte qu'il n'est rien que nous pensions, que nous sentions ou que nous désirions dont nous ne soyons immédiatement conscients. L'inconscient se trouvealors réduit soit aux mécanismes corporels, soit à des éléments psychiques qui, par manque d'intensité, d'intérêt ou de sens, demeurent en dehors de la sphère de la pensée et de la conscience.
C'est avec Freud que l'assimilation de la pensée à la conscience va être radicalement remise en question. Le psychisme ne se réduit plus à la conscience, de sorte que le sujet va perdre, avec son entièretransparence à soi, sa souveraineté sur ses idées, ses désirs et ses actes. Selon l'expression de Freud, « le moi n’est pas le maître dans sa propre maison ».
Nous éluciderons, dans un premier temps, les principales affirmations de la théorie freudienne de l'inconscient ; nous dégagerons ensuite sa portée philosophique et nous nous interrogerons enfin sur le statut et la réalité qu'ilconvient d'accorder à l'inconscient psychique.

I- LA DECOUVERTE DE L'INCONSCIENT PSYCHIQUE

1) Anna O.
C'est à partir du cas d'une jeune fille surnommée Anna O. que le docteur Freud fut mis sur la voie qui le mena à la découverte de l'inconscient psychique. Cette jeune fille, atteinte d'hystérie (maladie nerveuse), manifestait des symptômes à la fois physiques et mentaux : touxnerveuse, paralysie de certains membres sans lésion organique, impossibilité de boire malgré une soif intense, impossibilité de comprendre et de parler sa langue maternelle. Ses premiers symptômes apparurent à l'époque où elle soignait son père atteint d'une maladie grave à laquelle il devait succomber.
C'est le docteur Breuer qui, le premier, eut à traiter le cas d'Anna O. Il parvint, en laplaçant sous hypnose, à la faire parler d'événements pénibles en rapport avec la maladie et la mort de son père. Elle évoqua notamment le petit chien de sa gouvernante, animal qu'elle détestait et qui avait bu dans son verre. Aussitôt le récit terminé, elle exprima une vive colère jusqu'alors contenue et demanda à boire. Ainsi Anna O. fut-elle délivrée, même si ce ne fut que temporairement, de sessymptômes après s'être rappelé, sous hypnose et avec extériorisation affective, à quelles occasions ils étaient apparus pour la première fois.
Le cas d'Anna O suggéra à Freud l'idée que le psychisme humain est scindé en deux instances: le conscient et l'inconscient. Si, en effet, le malade, hors hypnose, ne peut se souvenir des traumatismes où s'originent ses symptômes, c'est que cestraumatismes résident dans un autre « lieu » psychique que la conscience. En outre, si le fait de les porter à la conscience produit la disparition des symptômes, c’est que la cause de ceux-ci n’était physique mais psychique.

2) Le refoulement
Mais le récit de ces souvenirs est toujours difficile, comme si le malade refusait malgré lui de les évoquer en pleine conscience.
Freud en déduit...
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