Philosophie : le bonheur est-il une valeur morale ?

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  • Publié le : 24 mai 2011
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Le bonheur est une aspiration commune à tous, chacun prétendant à être heureux puisque le bonheur est un état durable (par opposition au plaisir) de satisfaction intérieure par l'accord de soi avec le monde. Le bonheur est donc universellement recherché mais devient digne d'être estimé dès lors qu'il suit des principes moraux.
La morale peut correspondre à un ensemble de normes qui varient selonles croyances, les cultures, les conditions de vie, les besoins individuels comme à une morale démocratique, dont la loi soumet chaque individu, et non en fonction de leur mode et genre de vie particuliers ; les notions de bien, de mal et de devoir sont alors universelles et applicables par chacun.
Pour affirmer que le bonheur est une valeur morale, il s'agit donc de comprendre à quellemoralité le bonheur correspond-il et si l'aspiration au bonheur constitue le principe d'une vie morale et raisonnée.

Le bonheur apparaît tout d'abord comme un état recherché personnellement, comme un accomplissement individuel. Selon la doctrine eudémoniste, il devient le but de toute action, comme une recherche perpétuelle pour être heureux en supprimant tout désaccord de soi avec le monde. Chez lesEpicuriens, le bonheur consiste en l'absence de trouble de l'âme, l'ataraxie et en santé corporelle c'est-à-dire l'aponie. Le trouble de l'âme est l'état causé par ce qui apporte souffrance, crainte et empêche toute satisfaction intérieure. Ces troubles sont selon Epicure de quatre sortes: la crainte des dieux, de la mort, de la douleur physique et de l'absence de bonheur. Ainsi dans sa Lettre àMénécée, Epicure administre à l'homme un antidote à prendre pour acquérir la quiétude de l'âme sous la forme d'un "quadruple remède" que fit graver sur le mur d'un portique Diogène d'Oenanda "Il n'y'a rien à craindre des dieux, il n'y'a rien à craindre de la mort, on peut atteindre le bonheur, on peut supporter la douleur". Les hommes craignent les dieux par peur de leur pouvoir et de leurinterférence dans les affaires humaines c'est-à-dire dans les activités des hommes. Cependant les dieux sont immortels et bienheureux: ils vivent donc dans une complète autarcie, totalement indépendants des hommes; ceux-ci ne doivent donc pas les craindre ni les aimés puisqu'ils n'interfèrent pas dans la vie humaine. Les dieux ne sont là que pour servir de modèles idéaux.
Par ailleurs, la mort estconsidérée comme la privation de sensibilité et de douleur, et donc comme l'absence de subjectivité: l'homme comme sujet n'est plus apte à recevoir un signal sensible du monde, il n'existe plus. Ainsi l'individu n'a pas à se soucier de la mort; Elle n'est pas une crainte et son attente ne doit donc pas non plus troubler l'âme.
La douleur selon Epicure est causée par l'impossibilité d'assouvir sesdésirs: il préconise donc une meilleure gestion des désirs allant même jusqu'à une classification: il existe des désirs vains (l'immortalité, même désirée ne pourra être assouvie) et des désirs naturels, eux-mêmes nécessaires (c'est-à-dire les désirs nécessaires à la survie) et non nécessaires (c'est-à-dire les désirs nécessaires à la vie). De plus, la douleur est un moyen d'accéder au plaisirpuisque la cessation de souffrance apporte le plaisir; Préférer la douleur à certains plaisirs factices c'est-à-dire à des besoins naturels non nécessaires assouvis permet d'obtenir une satisfaction plus grande et un plaisir plus élevé.
Ainsi, cela apporte la possibilité d'atteindre le bonheur en se comportant comme un sage: celui-ci applique en effet les qualités précitées et se place au-dessusdes hommes, à la manière des dieux, les modèles idéaux puisqu'il se rend ainsi indépendant: Le sage se suffit à lui-même, se contente de peu par une bonne gestion et régulation de ses désirs et sait user de prudence: il sait ce qui est à choisir et à éviter par une représentation morale du souverain bien (le plaisir) et du mal (la douleur).
Selon Epicure, le bonheur apparaît donc comme une...
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