Philosophie nietzsche

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  • Publié le : 10 décembre 2011
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PHILOSOPHIE

Essais de la psychanalyse appliquée, « Une difficulté de la psychanalyse »
S.Freud

«Tu crois savoir tout ce qui se passe dans ton âme, dès que c'est suffisamment important, parce que ta conscience te l'apprendrait alors. Et quand tu restes sans nouvelles d'une chose qui est dans ton âme, tu admets, avec une parfaite assurance, que cela ne s'y trouve pas. Tu vas mêmejusqu'à tenir « psychique » pour identique à « conscient », c'est-à-dire connu de toi, et cela malgré les preuves les plus évidentes qu'il doit sans cesse se passer dans ta vie psychique bien plus de choses qu'il ne peut s'en révéler à ta conscience. Tu te comportes comme un monarque absolu qui se contente des informations que lui donnent les hauts dignitaires de la cour et qui ne descend pas vers lepeuple pour entendre sa voix. Rentre en toi-même profondément et apprends d'abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu vas tomber malade, et peut-être éviteras-tu de le devenir.
C'est de cette manière que la psychanalyse voudrait instruire le moi. Mais les deux clartés qu'elle nous apporte : savoir, que la vie instinctive de la sexualité ne saurait être complètement domptée en nous etque les processus psychiques sont en eux-mêmes inconscients, et ne deviennent accessibles et subordonnés au moi que par une perception incomplète et incertaine, équivalent à affirmer que le moi n'est pas maître dans sa propre maison. »

Le texte que l’on se propose d’étudier a été écrit par Sigmund Freud, médecin ayant fondé la psychanalyse : il va être amené à concevoir que bon nombre demaladies, mais aussi d’actes quotidiens, s’expliquent seulement si l’on admet l’hypothèse de l’inconscient. A ce titre, il s’est interrogé sur ce qui est à l’origine des résistances qui s’opposent à sa thèse. Dans cet extrait, il analyse plus précisément l’origine de ces résistances : la conscience. Le problème soulevé par le texte est le suivant : comment la conscience est persuadée qu’elle estl’unique composante de l’appareil psychique et pourquoi cela entraîne-t-il qu’elle s’oppose de manière si intense à l’hypothèse de l’inconscient et à ses découvertes ? Le texte commence par la thèse réfutée par l’auteur, à savoir celle qu’a le moi, qui symbolise l’opinion commune ainsi que la quasi-totalité des philosophes de cette époque, selon laquelle la conscience aurait accès à toutes mes pensées.Il critique en même temps le corollaire de cette thèse qui consiste à tenir conscient pour synonyme de psychique (de « Tu crois savoir… » jusqu'à « …c'est-à-dire connu de toi, »). Dans un second temps, l’auteur apporte une objection à cette thèse : le fait que dans la vie d’un individu, il parait évident que certains actes n’ont pas pour source la conscience et que souvent, elle n’est même pas aucourant de cette source; cette objection est directement suivie d’une analogie qui est à la fois une métaphore servant de critique à la thèse réfutée, analogie qui assimile le moi à un monarque (de « et cela malgré… » à « …pour entendre sa voix »). Le raisonnement se poursuit par l’annonce de la thèse de l’auteur, selon laquelle il faut avoir recours à « la psychologie des profondeurs »,c'est-à-dire la psychanalyse, pour permettre de guérir bon nombre de maladies (de « Rentre en toi-même… » à « … de le devenir »). Enfin, le texte se clôt sur le développement de la thèse de l’auteur qui permet de mettre en évidence pourquoi la quasi-totalité des philosophes, penseurs et autres médecins sont farouchement opposé à la psychanalyse : elle apporte de graves démentis à la pensée dominante decette époque (de « C’est de cette manière… » jusqu’à la fin).

L’expression « Tu crois » employée par Freud introduit l’énonciation de l’opinion commune, symbolisée par le moi, sur ce qu’est le psychisme. En effet, spontanément, le moi a la croyance que toute pensée est consciente, du fait que depuis Descartes et son célèbre cogito, le « je pense », c'est-à-dire ma « conscience » ou...
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