Pierre de ronsard-discours des misères de ce temps

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Lecture analytique n°13 : Pierre de Ronsard Discours des misères de ce temps
Vers 127 à 166
On dit que Jupiter, fâché contre la race
Des hommes qui voulaient par curieuse audace
Envoyer leursraisons jusqu’au Ciel, pour savoir
Les hauts secrets divins, que l’homme ne doit voir,
Un jour étant gaillard choisit pour son amie
Dame Présomption, la voyant endormie
Au pied du mont Olympe, et labaisant soudain
Conçut l’Opinion, peste du genre humain.
Cuider en fut nourrice, et fut mise à l’école
D’orgueil, de fantaisie, et de jeunesse folle.
Elle fut si enflée, et si pleine d’erreurQue même à ses parents elle faisait horreur.
Elle avait le regard d’une orgueilleuse bête ;
De vent et de fumée était pleine sa tête.
Son cœur était couvé de vaine affection,
Et sous un pauvrehabit cachait l’ambition.
Son visage était beau comme d’une sirène ;
D’une parole douce avait la bouche pleine ;
Légère, elle portait des ailes sur le dos ;
Ses jambes et ses pieds n’étaient de chairni d’os,
Ils étaient faits de laine, et de coton bien tendre,
Afin qu’à son marcher on ne la pût entendre.
Elle se vint loger par étranges moyens
Dedans le cabinet des théologiens,
De cesnouveaux rabbins, et brouilla leurs courages
Par la diversité de cent nouveaux passages,
Afin de les punir d’être trop curieux
Et d’avoir échellé comme géants les cieux.
Ce monstre que j’ai dit met laFrance en campagne
Mendiant le secours de Savoie et d’Espagne,
Et de la nation qui prompte au tabourin
Boit la large Danube, et les ondes du Rhin.
Ce monstre arme le fils contre son propre père,Et le frère (ô malheur) arme contre son frère,
La sœur contre la sœur, et les cousins germains
Au sang de leurs cousins veulent tremper leurs mains.
L’oncle fuit son neveu, le serviteur son maître,La femme ne veut pas son mari reconnaître.
Les enfants sans raison disputent de la foi,
Et tout à l’abandon va sans ordre et sans loi.

Pour le commentaire…
Afin de comprendre le contexte si...