Pierre et jean : maupassant montre-t-il à travers ce livre une vision désenchantée du monde ?

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  • Publié le : 30 octobre 2009
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Maupassant possède-t-il à travers Pierre Et Jean une vision désenchantée du monde ?

Pierre et Jean est un roman qui met en scène deux frères, qui font à première vue partie d'une famille unie, qui mène une existence paisible au Havre : la famille Roland. Un soir, un notaire annonce à la famille qu'un de leurs amis a légué l'intégralité de son héritage à l'un des deux fils : Jean, le cadet.Pierre est d'abord jaloux, puis émet des doutes quant à la légitimité de son frère, jusqu'à être certain que leur mère est une femme adultère et que Léon Maréchal, le défunt, est le véritable père de Jean. Ce secret détruit alors les liens qu'il existe entre Pierre et sa mère, et l'aîné sera exclu de la maison familiale.
A la lecture de ce roman, la question qui se pose est si l'auteur a tenté demontrer la vision pessimiste et désabusée qu'il avait du monde.
Pour répondre à cette interrogation, il est nécessaire d'étudier les aspects positifs et négatifs présentés chez les êtres, la famille, et la société.

Êtres

Le premier aspect qui frappe le lecteur est la solitude de Pierre. Après avoir découvert le terrible secret de sa mère, Pierre se sent trahi et exclu de sa famille. Ilse promène souvent seul, remarque qu'on ne l'attend plus pour le dîner, et que toutes les discussions tournent autour de son frère cadet et de sa fortune. Il est incompris. En effet, Jean ne s'aperçoit pas des interrogations que suscite l'héritage chez Pierre, et lorsque sa mère lui fait des aveus, il a une réaction opposée à celle de son frère aîné : il rassure Madame Roland et prend soin d'elle.Monsieur Roland, quant à lui, semble très naïf et ne se rend pas compte du malheur de Pierre. Le second aspect important est le fait que Jean et Madame Rosémilly se marient tous deux par intérêt. De fait, Jean se livre à de minutieux calculs : (« Elle était moins riche que lui maintenant, car elle ne possédait qu'une douzaine de mille francs de revenu, mais en biens-fonds, en fermes et en terrainsdans le Havre, sur les bassins; et cela, plus tard, pouvait valoir une grosse somme. La fortune était donc à peu près équivalente ») avant de conclure qu'il sera bon pour lui de se marier à la jeune femme, qui, quant à elle, parle comme si elle ne faisait que remplir une formalité. « Mon cher ami, vous n'êtes plus un enfant et je ne suis pas une jeune fille. Nous savons fort bien l'un et l'autrede quoi il s'agit, et nous pouvons peser toutes les conséquences de nos actes. » (chapitre 6). Toute trace de sentiments a disparu au sein du discours de Madame Rosémilly.

Cependant, certains êtres sembles liés par des sentiments sincères.

L'amitié de Marowsko pour Pierre semble sincère et désintéressée, comme le narrateur le remarque au chapitre 4 : « Pierre, qu'il aimait d'un amour dechien fidèle ». Marowsko est le confident de Pierre, et paraît comprendre ce que Monsieur Roland n'entend pas. Il semble donc prendre le rôle de père que Monsieur Roland ne tient pas. De même, l'amour qu'a Madame Roland pour Léon Maréchal est réel et sincère. Elle est la première à s'exprimer lors de l'annonce de la mort de son ancien amant, ce qui montre sa spontanéité. Le narrateur exprimed'ailleurs sa sincérité en parlant de « gouttes de chagrin venues de l'âme ». De plus, lorsqu'elle se confie à son fils cadet, au chapitre 7, elle a le discours d'une femme passionnée : « Je m'étais donnée à lui tout entière ».

Famille

Au début du roman, la famille Roland, semblait être très soudée. Cependant, la rapidité à laquelle elle est détruite montre sa fragilité. En effet, sur unepériode de seulement deux mois, « la main d'un mort avait arraché et cassé, un à un, les liens qui tenaient l'un à l'autre ces quatre êtres » (chapitre 5). À la fin du roman, Pierre semble définitivement exclu du cercle familial, et le champ lexical de la mort est utilisé, notamment lorsque Madame Roland compare son fils aîné à un cadavre, ou lorsqu'il est dit que le lit de Pierre ressemble à un...
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