Pierre et jean

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  • Publié le : 26 février 2010
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Préface de Pierre et Jean (Ollendorf; 1888) Retour au sommaire de
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Je n'ai point l'intention de plaider ici pour le petit roman qui suit. Tout au contraire, les idées que je vais essayer de faire comprendre entraîneraient plutôt la critique du genre d'étude psychologique que j'ai entrepris dans Pierre et Jean.
Je veux m'occuper du Roman en général.Je ne suis pas le seul à qui le même reproche soit adressé par les mêmes critiques, chaque fois que paraît un livre nouveau. Au milieu des phrases élogieuses, je trouve régulièrement celleci sous les mêmes plumes : Le plus grand défaut de cette oeuvre, c'est qu'elle n'est pas un roman à proprement parler. On pourrait répondre par le même argument : Le plusgrand défaut de l'écrivain qui me fait l'honneur de me juger, c'est qu'il n'est pas un critique. Quels sont en effet les caractères essentiels du critique ? Il faut que, sans parti pris, sans opinions préconçues, sans idées d'école, sans attaches avec aucune famille d'artistes, il comprenne, distingue et explique toutes les tendances les plus opposées, les tempéraments les pluscontraires, et admette les recherches d'art les plus diverses. Or, le critique qui, après Manon Lescaut, Paul et Virginie, Don Quichotte, Les Liaisons dangereuses, Werther, Les Affinités électives, Clarisse Harlowe, Emile, Candide, CinqMars, René, Les Trois Mousquetaires, Mauprat, Le Père Goriot, La Cousine Bette, Colomba, Le Rouge et le Noir, Mademoiselle de Maupin, NotreDame de Paris,Salammbô, Madame Bovary, Adolphe, Monsieur de Camors, L'Assommoir, Sapho, etc., ose encore écrire : « Ceci est un roman et cela n'en est pas un », me paraît doué d'une perspicacité qui ressemble fort à de l'incompétence. Généralement ce critique entend par roman une aventure plus ou moins vraisemblable, arrangée à la façon d'une pièce de théâtre en trois actes dont le premier contientl'exposition, le second l'action et le troisième le dénouement. Cette manière de composer est absolument admissible à la condition qu'on acceptera également toutes les autres. Existetil des règles pour faire un roman, en dehors desquelles une histoire écrite devrait porter un autre nom ? Si Don Quichotte est un roman, Le Rouge et le Noir en estil un autre ? SiMonteCristo est un roman, L'Assommoir en estil un ? Peuton établir une comparaison entre les Affinités électives de Goethe, Les Trois Mousquetaires de Dumas, Madame Bovary de Flaubert, M. de Camors de M. O. Feuillet et Germinal de M. Zola ? Laquelle de ces oeuvres est un roman ? Quelles sont ces fameuses règles ? D'où viennentelles ? Qui les a établies ? En vertu de quel principe, de quelle autorité etde quels raisonnement ? Il semble cependant que ces critiques savent d'un façon certaine, indubitable, ce qui constitue un roman et ce qui le distingue d'un autre qui
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05/12/2006
Préface de Pierre et Jean - Réalisme, naturalisme, impressionnisme
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n'en est pas un. Cela signifie toutsimplement que, sans être des producteurs, ils sont enrégimentés dans une école, et qu'ils rejettent, à la façon des romanciers euxmêmes, toutes les oeuvres conçues et exécutées en dehors de leur esthétique. Un critique intelligent devrait, au contraire, rechercher tout ce qui ressemble le moins aux romans déjà faits, et pousser autant que possible les jeunes gens à tenter des voiesnouvelles. Tous les écrivains, Victor Hugo comme M. Zola, ont réclamé avec persistance le droit absolu, droit indiscutable de composer, c'estàdire d'imaginer ou d'observer, suivant leur conception personnelle de l'art. Le talent provient de l'originalité, qui est une manière spéciale de penser, de voir, de comprendre et de juger. Or, le critique qui prétend définir le Roman suivant l'idée...
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