Pierre et jean

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  • Publié le : 3 mars 2010
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Préface
Je n'ai point l'intention de plaider ici pour le petit roman qui suit. Tout au contraire, les idées que je vais essayé de faire comprendre entraîneraient plutôt la critique du genre d'étude que j'ai entrepris dans Pierre et Jean.
J’ai choisi ses extraits car ils me semblent assez importants pour pouvoir comprendre l’histoire.
L’extrait 1 sert à décrire les personnages et leursrelations.
L’extrait 2 introduit l’élément perturbateur, l’annonce du legs de Maréchal à Jean, ce qui est très important. Cela met en place les caractères si différents de M. et Mme Roland.
L’extrait 3 c’est Pierre qui commémore ses souvenirs quand il était jeune avec le Maréchal. Puis se posent la question « Pourquoi ? ».
L’extrait 4 installe le vrai thème du texte : l’affrontement dePierre et de sa mère, les relations deviennent de plus en plus tendues.
L’extrait 5
Extrait I
A la sortie du collège, l'aîné, Pierre, de cinq ans plus âgé que Jean, s'étant senti successivement de la vocation pour des professions variées, en avait essayé, l'une après l'autre, une demi-douzaine, et, vite dégoûté de chacune, se lançait aussitôt dans de nouvelles espérances.
En dernier lieula médecine l'avait tenté, et il s'était mis au travail avec tant d'ardeur qu'il venait d'être reçu docteur après d'assez courtes études et es dispenses de temps obtenues du ministre. Il était exalté, intelligent, changeant et tenace, plein d'utopies, et d'idées philosophiques.
Jean, aussi blond que son frère était noir, aussi calme que son frère était emporté, aussi doux que son frère étaitrancunier, avait fait tranquillement son droit et venait d'obtenir son diplôme de licencié en même temps que Pierre obtenait celui de docteur.
Tous les deux prenaient donc un peu de repos dans leur famille, et tous les deux formaient le projet de s'établir au Havre s'ils parvenaient à le faire dans des conditions satisfaisantes.
Mais une vague jalousie, une de ces jalousies dormantes quigrandissent presque invisibles entre frères ou entre soeurs jusqu'à la maturité et qui éclatent à l'occasion d'un mariage ou d'un bonheur tombant sur l'un, les tenait en éveil dans une fraternelle et inoffensive inimitié. Certes ils s'aimaient, mais ils s'épiaient. Pierre, âgé de cinq ans à la naissance de Jean, avait regardé avec une hostilité de petite bête gâtée cette autre petite bête apparue tout àcoup dans les bras de son père et de sa mère, et tant aimée, tant caressée par eux.
Jean, dès son enfance, avait été un modèle de douceur, de bonté et de caractère égal ; et Pierre s'était énervé, peu à peu, à entendre vanter sans cesse ce gros garçon dont la douceur lui semblait être de la mollesse, la bonté de la niaiserie et la bienveillance de l'aveuglement. Ses parents, gens placides, quirêvaient pour leurs fils des situations honorables et médiocres, lui reprochaient ses indécisions, ses enthousiasmes, ses tentatives avortées, tous ses élans impuissants vers des
idées généreuses et vers des professions décoratives.
Depuis qu'il était homme, on ne lui disait plus :
"Regarde Jean et imite-le !" mais chaque fois qu'il entendait répéter :
"Jean a fait ceci, Jean a fait cela",il comprenait bien le sens et l'allusion cachés sous ces paroles.
Leur mère, une femme d'ordre, une économe bourgeoise un peu sentimentale, douée d'une âme tendre de caissière, apaisait sans cesse les petites rivalités nées chaque jour entre ses deux grands fils, de tous les menus faits de la vie commune.
Un léger événement, d'ailleurs, troublait en ce moment sa quiétude, et elle craignait unecomplication, car elle avait fait la connaissance pendant l'hiver, pendant que ses enfants achevaient l'un et l'autre leurs études spéciales, d'une voisine, Mme Rosémilly, veuve d'un capitaine au long cours, mort à la mer deux ans auparavant. La jeune veuve, toute jeune, vingt-trois ans, une maîtresse femme qui connaissait l'existence d'instinct, comme un animal libre, comme si elle eût vu,...
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