Pierre manent, cours familier de philosophie politique

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  • Publié le : 7 octobre 2010
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Introduction

Questions de la philosophie politique : « Où suis-je ? et Quelle heure est-il ? telle est de nous au monde la question inépuisable » Paul Claudel, Art Poétique. Cad Comment nous orienter dans le monde social et politique ?
1er question : Qu’est-ce qui pour nous fait autorité ? nous, les citoyens de la démocratie des années 2000 nous reconnaissons l’autorité de la sciencedans le domaine pratique et celle de la liberté dans le domaine théorique. Il faut donc définir ces 2 principes, ces 2 grandes « masses spirituelles » aurait dit Hegel :
- la science : ce n’est pas seulement une connaissance exacte ni même dont la méthode est exacte. Fondamentalement, la science relève d’un projet inédit : voir le monde tel qu’il est, le rendre entièrement visible à l’œil del’esprit. Pour cela, il faut écarter les illusions. C’est le projet de Machiavel au chapitre XV du Prince, de parler de la vérité effective plutôt que des républiques et principautés qui ne sont pas vraies. Il s’agit du projet réaliste de la science moderne. La science doit permettre de voir le Monde tout entier, sans mystère. L’idée est de « maîtriser toute chose par la prévision » nous dit Weberdans le Savant et le Politique.
- La liberté : difficulté de définir la liberté : la liberté extérieure de « faire ce que je veux » de Spinoza ou Hobbes ou la liberté intérieure par laquelle je me détermine moi-même de Rousseau ou Kant. Malgré ces différences, la liberté permet à l’homme d’être l’auteur souverain, de fait et de droit, du monde humain. Et c’est dans la démocratie que lasouveraineté humaine est mise en œuvre et en scène (ex : l’élection au suffrage universelle).
La difficulté réside maintenant le rapprochement des 2 notions : la démocratie tente de réglementer la science. Pour Heidegger, il s’agit d’un vain dessein car nous sommes sous l’empire de la science, elle est notre destin donc notre liberté est illusoire. Cependant, les gouvernements fondés sur la science sontégalement des gouvernements totalitaires : le communiste fondé sur la science de l’histoire, sur le matérialisme historique ou le nazisme fondé sur les lois de la nature humaine. En clair, il n’y a pas de science de ce qui est bon pour les hommes, c’est aux hommes de l’inventer et de le réinventer jour après jour : c’est une question de valeurs et de choix de société donc de liberté. D’où ladifficulté de s’orienter dans un monde organisé et désorganisé par la confrontation de ses 2 autorités.

Il semblerait donc qu’il y ait une distinction entre le monde de la science et celui des valeurs, plus exactement un vœu de séparation. La science s’occupe des faits et les hommes disposent de cette connaissance pour décider des valeurs. Il n’y a pas de connaissance objective du bien. Dans cecas où se situe la philosophie ? Weber répond à cette question dans Le Savant ( hiver 1918) sur le métier de professeur. On ne peut exiger du professeur que la probité intellectuelle. 2 pb hétérogènes : « l’établissement des faits » d’un coté et la réponse aux questions « concernant la manière dont il faudrait agir dans la cité et au sein des groupements politiques ». distinction radicale entre lascience et la vie. La science est inachevée et inachevable, le risque est de lui donner une fin en lui donnant un sens, comme construire un monde plus juste grâce à la science. Les savants qui le font se transforment en prophète ou démagogues. Le problème est que la science est le seul contenu désormais recevable publiquement, qui peut faire l’objet d’une approbation publique. Les autres valeurssont exclues de la sphère publique.
« le désenchantement du monde a conduit les humains à bannir les valeurs suprêmes les plus sublimes de la vie publique » où Weber décrit un monde où la place publique est dépouillée du religieux, où les hommes se réfugient dans la privé et y inventent de nouvelles religions bricolées : perte de substance de la vie publique donc publicisation de la vie privée....
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