Plan de commentaire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 2 (428 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 mai 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Le texte suivant est extrait de l’autobiographie de Chateaubriand (1768-1848), intitulée Mémoires d’Outre-Tombe (1848). Ce passage évoque l’adolescence du narrateur dans la campagne bretonne.
Mesjoies de l'automne.
Plus la saison était triste, plus elle était en rapport avec moi : le temps des frimas, en rendant les communications moins faciles, isole les habitants des campagnes : on se sentmieux à l'abri des hommes.
Un caractère moral s'attache aux scènes de l'automne : ces feuilles qui tombent comme nos ans, ces fleurs qui se fanent comme nos heures, ces nuages qui fuient comme nosillusions, cette lumière qui s'affaiblit comme notre intelligence, ce soleil qui se refroidit comme nos amours, ces fleuves qui se glacent comme notre vie, ont des rapports secrets avec nos destinées.Je voyais avec un plaisir indicible le retour de la saison des tempêtes, le passage des cygnes et des ramiers , le rassemblement des corneilles dans la prairie de l'étang, et leur perchée à l'entréede la nuit sur les plus hauts chênes du grand Mail . Lorsque le soir élevait une vapeur bleuâtre au carrefour des forêts, que les complaintes ou les lais du vent gémissaient dans les moussesflétries, j'entrais en pleine possession des sympathies de ma nature . Rencontrais-je quelque laboureur au bout d'un guéret ? Je m'arrêtais pour regarder cet homme germé à l'ombre des épis parmi lesquels ildevait être moissonné, et qui retournant la terre de sa tombe avec le soc de la charrue, mêlait ses sueurs brûlantes aux pluies glacées de l'automne : le sillon qu'il creusait était le monumentdestiné à lui survivre. Que faisait à cela mon élégante démone ? Par sa magie, elle me transportait au bord du Nil, me montrait la pyramide égyptienne noyée dans le sable, comme un jour le sillon armoricaincaché sous la bruyère : je m'applaudissais d'avoir placé les fables de ma félicité hors du cercle des réalités humaines.

I-L’automne, une saison privilégiée pour le narrateur.

1) Comment...
tracking img