Poeme pierre ronsard

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  • Publié le : 18 mai 2011
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Ronsard , poète des Amours , a su aussi chanter la nature et la mort , celle de la femme aimée , d’une foret ou la sienne propre . Tombé dans un relatif oubli , lefondateur de la Pléiade fut redécouvert au XIX e siècle , comme son ami Du Bellay .

Amours de Marie

Marie , levez-vous, ma jeune paresseuse,
Jà la gaie alouette auciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l’épine assis, sa complainte amoureuse.

Sus debout ! allons voir l’herbelette perleuse,
Et votre beaurosier de boutons couronné,
Et vos œillets mignons auxquels aviez donné,
Hier au soir, de l’eau d’une main si soigneuse.

Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeuxD’être plus tôt que moi ce matin éveillée ;
Mais le dormir de l’Aube aux filles gracieux

Vous tient d’un doux sommeil la paupière sillée.
Je vais baiser vos yeuxet votre beau tétin
Cent fois pour vous apprendre à vous lever matin.

Comme on voit sur la branche au mois de mai, la rose,
En sa belle jeunesse, en sa premièrefleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’aube de ses pleurs au point du jour l’arrose;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant lesjardins et les arbres d’odeur ;
Mais battue ou de pluie ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeunenouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, cepanier plein de fleurs,
Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses.


XVI e siècle
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