Poemes villes

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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Plainte
Vrai sauvage égaré dans la ville de pierre,
À la clarté du gaz je végète et je meurs.
Mais vous vous y plaisez, et vos regards charmeurs
M’attirent à la mort, parisienne fière.

Je rêve de passer ma vie en quelque coin
Sous les bois verts ou sur les monts aromatiques,
En Orient, ou bien près du pôle, très loin,
Loin des journaux, de la cohue et des boutiques.

Mais vousaimez la foule et les éclats de voix,
Le bal de l’Opéra, le gaz et la réclame.
Moi, j’oublie, à vous voir, les rochers et les bois,
Je me tue à vouloir me civiliser l’âme.

Je m’ennuie à vous le dire si souvent :
Je mourrai, papillon brûlé, si cela dure...
Vous feriez bien pourtant, vos cheveux noirs au vent,
En clair peignoir ruché, sur un fond de verdure.
Charles CrosDerrière les murs dans la rue
Que se passe-t-il quel vacarme
Quels travaux quels cris quelles larmes
Ou rien La vie Un linge écru

Sèche au jardin sur une corde
C'est le soir Cela sent le thym
Un bruit de charrette s'éteint
Une guitare au loin s'accorde

La la la la la - La la la
La la la - La la la la la
 
Il fait jour longtemps dans la nuit
Un zeste de lune un nuage
Que l'arbre salue aupassage
Et le coeur n'entend plus que lui

Ne bouge pas C'est si fragile
Si précaire si hasardeux
Cet instant d'ombre pour nous deux
Dans le silence de la ville
La la la la - La la la la
La la - La la - La la - La la
 
Louis Aragon
Le citadin
Avancez! Reculez! Arrêtez! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis!
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis! Montre-toi!Un salut!
Signe, tais-toi, réponds, prends garde!
Que d’ordres venus de partout!
Le soleil? – La main sur les yeux!
La pluie? – Courbe le dos!
L’amour qui arrive? – Attention!
Et ces morts en travers du chemin tout à coup!
Chocs et contretemps de la ville
et de la vie, je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous ressemblent.
L’instable est mon repos.
(Jean Tardieu)Je marche sans arrêt
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense de la mer
Où l'on perçoit à peine
Le signe d'une étoile,
Le galop d'un cheval
Dans la rue, le matin,
L'agile des oiseaux
Sur les arbres de neige,
Le cri vert des bateaux
Dans les vagues de marbre.
Je marche sans arrêt
Perclus de solitude
Dans ces déserts mortels
Tout luisants de regards.J'entends autour de moi
Des plaintes éttouffées
Des soupirs de bonheur
Fragiles roses mortes.
Heureusement ma lampe,
Phare de mes automnes
Brille là-bas au loin
Dans le fond de mon cœur
Et mattire, invincible,
Tout gluant de ténèbres.
Je monte un escalier
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense du malheur ;
Ô chat, lampe, famille,
Bonne humaine chaleur,Sauvez-moi tous les soirs
Du naufrage intérieur,
De l'éternel naufrage !
Maurice Fombeure
Aller en ville un jour de pluie

On piétine la boue
en attendant le car
le car est en retard
la colère qui bout

enfin voici le car
il fait gicler la boue
on voyage debout
le car est en retard

ça sent le drap mouillé
la sueur qui s'évapore
sur les vitres la buée
Ce moyen de transport

nousamène à la ville
on s'y fait insulter
des agents peu civils
nous y mépriseraient

si farauds du terroir
on leur un peu marchait
sur leurs vastes panards
en allant au marché

les garçons de café
nous servent peu aimables
ils n'ont pas de respect
pour la terre labourable

la journée est finie
on rentre par le car
la boue toujours jaillit
pressée par les chauffards

voici notrevillage
voici notre maison
il pleut il pleut bergère
rentre tes bleus moutons

Ville

Trams, autos, autobus,
Un palais en jaune pâli,
De beaux souliers vernis,
De grands magasins, tant et plus.

Des cafés et des restaurants
Où s'entassent des gens.
Des casques brillent, blancs:
Des agents, encor des agents.

Passage dangereux. Feu rouge,
Feu orange, feu vert.
Et brusquement...
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