Poesie

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XXV

Que n'ai-je encor la harpe thracienne,
Pour réveiller de l'enfer paresseux
Ces vieux Césars, et les ombres de ceux
Qui ont bâti cette ville ancienne ?

Ou quen'ai-je celle amphionienne,
Pour animer d'un accord plus heureux
De ces vieux murs les ossements pierreux,
Et restaurer la gloire ausonienne ?

Puissè-je au moins d'un pinceauplus agile,
Sur le patron de quelque grand Virgile
De ces palais les portraits façonner,

J'entreprendrais, vu l'ardeur qui m'allume,
De rebâtir au compas de la plume
Ceque les mains ne peuvent façonner.

Joachim Du Bellay – Orthographe modernisée.

Les Antiquités de Rome (1558)

[pic]

Jules Laforgue

« Complainte d’un autredimanche »

C'était un très-au vent d'octobre paysage,
que découpe, aujourd'hui dimanche, la fenêtre,
avec sa jalousie en travers, hors d'usage,
où sèche, depuis quand ! Unepaire de guêtres
tachant de deux mals blancs ce glabre paysage.

Un couchant mal bâti suppurant du livide ;
le coin d'une buanderie aux tuiles sales ;
en plein, leval-de-grâce, comme un qui préside ;
cinq arbres en proie à de mesquines rafales
qui marbrent ce ciel crû de bandages livides.

Puis les squelettes de glycines aux ficelles,
en proieà des rafales encor plus mesquines !
ô lendemains de noce ! ô brides de dentelles !
Montrent-elles assez la corde, ces glycines
recroquevillant leur agonie aux ficelles !Ah ! Qu'est-ce que je fais, ici, dans cette chambre !
Des vers. Et puis, après ! ô sordide limace !
Quoi ! La vie est unique, et toi, sous ce scaphandre,
tu te racontessans fin, et tu te ressasses !
Seras-tu donc toujours un qui garde la chambre ?

Ce fut un bien au vent d'octobre paysage...

Jules Laforgue (1860-1887), Les Complaintes
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