Poesies sur les ruines

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Corpus :  HEREDIA, CHATEAUBRIAND,
DU BELLAY, CAMUS

  I / Question d'ensemble :
     Comment est traité le problème du temps ?
                          
Texte A : 
Dans le texte A, L'oubli, HEREDIA consacre l'impuissance de l'homme confronté à la nature.

Le temps a eu raison de ce domaine sacré où se retrouvent ensevelis les "déesses de marbre et les héros d'airain".
Ce paysagedévasté n'est plus visité que" par un bouvier menant ses buffles boire".

Les ruines et la nostalgie qui s'en dégage inspirent le poète.
Le regret du passé est là, et cette impression se trouve corrigée par une autre impression : seule la nature arrache ce coin de terre à la désolation à travers le cycle des saisons :
" La Terre maternelle et douce... fait à chaque printemps
verdir une autreacanthe" .
Cette végétation ravivée est la marque de la supériorité de la nature sur l'homme et ses réalisations.

Délaissant les vestiges du passé il est en communion avec la nature.       
Il s'agit donc d'une prise de conscience du temps qui s'écoule et détruit ; l'homme impuissant préfère la nature vivante, comme si les temps anciens n'avaient plus d’importance (« Mais l’homme indifférent aurêve des aïeux »), même s’il reste nostalgique.

Texte B :

Dans cet extrait en prose, tiré de l'Itinéraire de Paris à Jérusalem, CHATEAUBRIAND célèbre également la beauté des ruines, mais en y apportant son vécu et son expérience.

Il décrit le paysage en employant d’abord le présent, et en faisant débuter toutes ses phrases par le verbe « il faut », qu’il répète de nombreuses fois(« il faut se figurer, il faut se représenter, il faut répandre, il faut supposer ») pour donner vie à ces lieux.

On note aussi des oppositions qui décrivent un cadre aride, mais où la trace de l'homme est visible : « cet espace nu / coupé par des carrés d’orges, par des sillons de vignes » et « des bouts de ruines anciennes / sortant du milieu de ces cultures ».

Puis, lorsque CHATEAUBRIANDveut témoigner, il utilise les temps du passé :
« J'ai vu, du haut de l' Acropole, le soleil se lever
entre les deux cimes du mont Hymette »

Pour faire partager son émerveillement au lecteur, il décrit ensuite le spectacle qu’il a sous les yeux comme si les choses étaient en mouvement :
«  Des colonnes de fumée bleue et légère montaient dans l'ombreAthènes, l'Acropole et les débris du Parthénon se coloraient des plus belles teintes
Les sculptures s'animaient et semblaient se mouvoir sur le marbre... »
Il nous transporte dans la civilisation antique, en imaginant la vie de la cité : «  nous aurions pu voir… les flottes sortir du Pirée pour combattre l‘ennemi……………………. Nous aurions pu ouïr lesapplaudissements des citoyens ….. »,
Hélas, le présent revient à nouveau : « Tout passe, tout finit dans ce monde », et c'est désormais la même conviction qui ressort : nous sommes des êtres mortels, seulement capables de faire, de génération en génération, les mêmes expériences :
«  Ce spectacle que je contemplais avait été contemplé par des yeux fermés depuis deux mille ans. Je passerai à montour : d’autres hommes aussi fugitifs que moi viendront faire les mêmes réflexions sur les mêmes ruines».
Dans cette prose, le retour de cette image de mort nous prouve l'éternel recommencement des choses, et l'inéluctable aboutissement de la vie. L'auteur ajoute : « Je passerai à mon tour », donc je mourrai moi aussi.
C'est le cours inéluctable du temps que nul ne peut arrêter.
Chateaubriand leprésente comme une acceptation résignée à notre condition de mortel :
«  Notre vie et notre cœur sont entre les mains de Dieu
Laissons le donc disposer de l'une comme de l'autre. »

Cette approche de la nature en ruines, reste la représentation métaphorique de notre destin : tout comme les monuments antiques, notre personne s'altère, s'abime avec l'usure du...
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