Point sur condillac, locke, leibniz

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  • Publié le : 26 décembre 2010
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Point sur Condillac ‖ Locke
Le sens dérive du signe. Doctrine = le sensualisme, prolongement de l’empirisme défendu dans l'Essai sur l'entendement humain de Locke. Il insiste encore plus sur le rôle des signes, et donc du langage, dans la genèse de la connaissance. Le Traité des sensations (1754) s’efforce de démontrer que « toutes nos connaissances et toutes nos facultés viennent des sens, ouplutôt des sensations » = réfutation de l’idéalisme. Mais s'agit-il pour autant d'un matérialisme ? Le terme de « sensation » dit bien que « les sens ne sont que cause occasionnelle. Ils ne sentent pas, c'est l'âme seule qui sent à l'occasion des organes ; et c'est des sensations qui la modifient, qu'elle tire toutes ses connaissances et toutes ses facultés » : on parle de « sensationnisme ».L'aveugle de Molyneux et la statue de Condillac : Locke, L.II de l’Essai, consacré à la perception, reproduit la lettre du « savant M. Molyneux » (ch9¶8) : « supposez un aveugle de naissance », qui aurait appris à « distinguer par l'attouchement » le globe et le cube ; s'il venait à recouvrer la vue, il ne pourrait pas les reconnaître sans les toucher, dans l'impossibilité de mettre en rapport lesdeux expériences.
Condillac soutient au contraire, dans l'Essai sur l'origine des connaissances humaines (1740), « que l'œil juge naturellement des figures, des grandeurs, des situations et des distances », = ya un rapport direct de la sensation à la connaissance géométrique.
Mais ensuite, embarrassé par les paradoxes de Diderot dans la Lettre sur les aveugles (1749), il entreprend « deconsidérer séparément nos sens, de distinguer avec précision les idées que nous devons à chacun d'eux, et d'observer avec quels progrès ils s'instruisent, et comment ils se prêtent des secours mutuels ».
Il imagine donc une statue, d'abord « bornée au sens de l'odorat », puis acquérant progressivement l'ouïe et le goût (1°partie du Traité des sensations) ; le toucher ajoute ceci de déterminant qu'aveclui nos sens cessent d'être de simples « modifications » de nous-mêmes : une statue qui n'aurait que l'odorat serait l'odeur de ce qu'elle sent, au lieu qu'« un homme borné au toucher découvre son corps et apprend qu'il y a quelque chose hors de lui » (2°partie). C'est donc le toucher, et non la vue, « qui apprend aux autres sens à juger des objets extérieurs » (3°partie). Et il est juste de direque le jugement n'est « que la sensation même qui se transforme différemment » ; mais aussi « la réflexion, les désirs, les passions, etc. » : « dans l'ordre naturel tout vient des sensations » (4°partie).

Contre les « systèmes » métaphysiques : Nouveauté de Condillac : « le Traité des sensations est le seul ouvrage où l'on ait dépouillé l'homme de toutes ses habitudes », c'est-à-dire où l'onait posé pour commencer un homme sans facultés - rien d'autre qu'une statue. Condillac discute le rapport de l'impression à l'objet, les notions de besoin, de désir, d'instinct, d'inquiétude (« l'inquiétude causée par la privation d'un objet, est le principe de nos déterminations »). Ce faisant, il apporte aux apories dualistes une réponse qu'il juge bien supérieure à l'occasionnalisme deMalebranche, pour lequel l'abîme entre les corps et l'intellect ne peut être surmonté que par l'action et la vision divines. La Grammaire ayant démontré l'importance des signes, il précise dans une dernière édition du Traité que, se limitant à l'ordre de la nature et non aux faits d'institution, il n'y a abordé que les « connaissances pratiques », où les jugements restent confus, voire insus : il s'agit dece que l'on appelle communément « habitudes ». Le Traité s'arrête donc à la genèse « des besoins, de l'industrie et des idées d'un homme isolé ». Mais la méthode est de grande portée, puisqu'elle décrit « les commencements de l'esprit humain » : par là, elle détruit dans le principe « tous les systèmes métaphysiques, qui sont nés des préjugés ». Condillac le montre à partir de l'exemple d'une...
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