Policy mix aux usa

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  • Publié le : 2 février 2010
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Le policy mix aux États-Unis

L’expression policy mix souvent utilisée par les économistes ou les analystes de marché désigne les combinaisons de politiques monétaires et budgétaires en vigueur sur un pays ou une zone donnée. Plus largement, la détermination du policy mix rejoint la volonté de traduire les interdépendances entre les différents aspects de la politique économique, comme RobertMundell en avait déjà eu l’intuition en 1960 à propos des politiques de change. Ordinairement rattaché aux théories néokeynésiennes, le choix du bon policy mix était un passage obligé des politiques économiques dans les années 60. Beaucoup moins compatible avec les marges de manœuvre économique en Europe dès les années 70, l’idée d’un bon policy mix est toujours restée un élément du débat auxÉtats-Unis, avec une grille d’analyse plus complexe et moins directement keynésienne. La politique économique des États-Unis se prête en tout état de cause particulièrement bien à une explication par son policy mix. Les évolutions du budget américain et des taux d’intervention de la Federal Reserve Bank (FED) sur ces toutes dernières années relancent ce débat à propos d’un pays qui tire parti de sonpoids économique et de la position particulière de sa monnaie sur les marchés mondiaux. Par contraste, la question du policy mix souligne les difficultés de l’Europe à déterminer sa propre politique économique et surtout à s’en donner les moyens.

1. LE POLICY MIX COMME MOYEN POUR UN ETAT DE SOUTENIR LA DEMANDE ET REVENIR AU PLEIN EMPLOI A ETE AU CŒUR DES PRINCIPAUX DEBATS ECONOMIQUES TANTTHEORIQUES QUE PRATIQUES

1.1. Le policy mix, concept à l’origine issu de la théorie keynésienne, trouve jusqu’à aujourd’hui des applications pratiques, notamment aux États-Unis
Le concept de policy mix est entendu au sens large à savoir l’ensemble des combinaisons possibles entre politique budgétaire et politique monétaire. Le principe général est que l’utilisation conjointe des politiques monétaireset budgétaires peut servir différentes stratégies économiques selon la situation initiale dans laquelle se trouve le pays. La coexistence d’un soutien budgétaire et d’un soutien monétaire constitue sans doute le cas de politique mixte le plus connu. Il s’agit d’éviter une forme d’effet d’éviction lié aux variations du taux d’intérêt et ainsi de retrouver les résultats obtenus dans un modèlekeynésien élémentaire. L’effet d’éviction ici en cause consiste en ce qu’une politique budgétaire menée seule augmente la demande de monnaie alors que l’offre de monnaie est exogène et donc stable : le taux d’intérêt augmente, ce qui a pour effet de déprimer l’investissement et donc la demande. Keynes préconisait de résoudre ce décalage entre demande et offre de monnaie par une politique monétaired’accompagnement et cette double action de relance de la demande a fait la fortune de l’expression policy mix. Avec ce double soutien, l’effet obtenu sur le revenu est plus élevé que dans le cas d’une utilisation isolée de chaque instrument et beaucoup plus limité sur le taux d’intérêt. Il ressort du modèle que l’on peut toujours augmenter l’efficacité de la politique budgétaire par une politique monétairecomplémentaire sans craindre l’inflation. Cette vue optimiste résulte de l’hypothèse d’élasticité parfaite de l’offre qui permet la stabilité des prix.

La politique macroéconomique n’a vraiment fait l’objet d’une véritable analyse théorique qu’après la fin de la seconde guerre mondiale et après la mort de Keynes. Les principes des politiques keynésiennes furent notamment développés dans la «synthèse néoclassique » de Paul Samuelson, et inspirèrent les politiques économiques des années 60. Une vision aussi strictement keynésienne a trouvé peu d’application pratique réussie, et il faut aller assez loin dans l’histoire pour en trouver une illustration. L’Amérique du début des années 1960 (1961-1965) a combiné soutien budgétaire et soutien monétaire (relance Kennedy-Johnson). Les...
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