Politique de l'enfant unique

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  • Publié le: 18 septembre 2010
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LA POLITIQUE DE L’ENFANT UNIQUE

La politique d’ouverture économique et politique menée par Deng Xiaoping à partir de 1978 a constitué un virage significatif dans la conduite des réformes en Chine. Franche rupture avec l’ère Mao et le traditionnel isolationnisme chinois, le déverrouillage de l’Empire du milieu a eu l’effet d’un « grand bond en avant » plutôt réussi. En entraînant unbasculement vers une économie de marché tout en nouant des liens diplomatiques avec le reste du monde, le charismatique et pragmatique Deng fut le contremaître des changements subis par la société chinoise entre 1978 et 1991. A l’heure actuelle, il convient d’affirmer que la Chine telle que nous la connaissons aujourd’hui doit beaucoup à la pérennité de ses réformes. Avec régulièrement des taux decroissance à deux chiffres et une troisième place dans le panthéon des plus grandes puissances économiques mondiales, la Chine s’est imposée en l’espace de trois décennies comme un géant sur la scène internationale.
Dans son élan vers l’instauration d’un « socialisme aux caractéristiques chinoises », le « petit timonier» fut par ailleurs l’incubateur d’une politique de fécondité antinataliste sansprécédent. La dissertation céans porte un intérêt tout particulier sur ladite « politique de l’enfant unique». Elle aura pour objectif de prendre plus amples connaissances avec la manière dont les dirigeants chinois comptent gérer leur quart de population mondiale. Au préalable, un bref rappel de l’histoire des politiques de fécondité en Chine s’impose afin de revenir sur les prémices de la politique del’enfant unique.
Il est utile de garder à l’esprit qu’une politique de fécondité peut être soit antinataliste soit a contrario pro-nataliste. Si une telle clarification peut sembler à première vue évidente, elle suffit à distinguer les différentes étapes qui ont conduit à la genèse de la politique de l’enfant unique. Force est de constater que les dirigeants chinois ont longtemps été tirailléspar leurs atermoiements en terme de politique de fécondité. Suite à sa victoire sur le Guomintang de Tchang Kai Chek, Mao Zedong dut sérieusement considérer la théorie de Thomas Malthus statuant sur le fait qu’une hausse du nombre d’habitants pouvait constituer une sérieuse menace pour la prospérité. Aux yeux des marxistes-léninistes, le malthusianisme est pourtant une idéologie bourgeoise. Dansun pays qui par tradition considère une forte population comme une source de richesse et de puissance, le choix entre pro et anti nataliste fût cornélien.
Les atermoiements des différents présidents de la République Populaire en Chine en disent long sur la nécessité ou non d’une politique démographique. Alors que les récoltes de l’année 1952 parviennent mal à amortir les besoins des individus, LiuShaoqi, alors numéro deux du Parti Communiste Chinois, se dit en faveur de la contraception et des contrôles de natalité. Qu’il s’agisse d’une raison économique ou bien de la peur malthusianiste d’une surpopulation, ce virement de cap peut être considéré comme un point d’ancrage de l’actuelle politique de l’enfant unique. Tantôt approuvé tantôt désapprouvé, le contrôle des naissances connait àses débuts d’intenses péripéties avant de s’inscrire dans la durée.
En 1956, les conceptions de mariages tardifs et de limitation des naissances sont martelées par le pouvoir, à défaut d’avoir facilité l’accès aux méthodes contraceptives et chirurgicales. L’année suivante, le discours est aux antipodes de ce qu’il a été. Des attaques sont perpétrées contre les partisans de la limitation desnaissances en vue du Grand Bond en avant (1958-61) qui objecte d’atteindre des records de productivité. En l’espace de trois ans, trente millions de morts sont déplorés. La famine de 1958 à 1962 apeure le pouvoir dans la mesure où le nombre de pairs de bras doit suffire à l’édification du socialisme chinois. Le vide laissé par ce véritable «bond en arrière » entraine un retour vers l’idéologie...
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