Politique des cinq piliers

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  • Publié le : 12 octobre 2010
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1. Introduction

Le choix du sujet pour ce travail de politique sociale s'est à nouveau révélé être des plus complexes. Après avoir longuement tergiversé et bifurqué dans de nombreuses directions, mon choix s'est définitivement arrêté sur la révision de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup). Au delà d'une implication personnelle, c'est la confrontation d'unemorale et d’une réalité pragmatique que je trouve politiquement intéressant. Les débats animés et les arguments avancés par les différents protagonistes durant la période antérieure au scrutin me semblent être des éléments assez pertinents pour concentrer mon travail sur cette votation.

1.1 Question posée

La révision de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes aété l'objet d'une votation populaire le 30 novembre 2008, la question soumise au peuple était la suivante :

« Acceptez-vous la modification du 20 mars 2008 de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes ? »

Le texte de loi modifié, si la révision était acceptée, ne peut, pour des raisons de dimension, figurer dans ce document, cependant, un document PDF peut être consultéen ligne.

Bien que contiguë, la révision partielle de la LStup et l'initiative pour une politique raisonnable en matière de chanvre protégeant efficacement la jeunesse, ne doivent leur réunion pour cette votation qu’à un hasard de calendrier. Elles sont liées pour ce scrutin, mais pas dépendantes l’une de l’autre et doivent donc être clairement différenciées.

1.2. Pourquoi cette questionL'usage de drogue à des fins religieuses, initiatiques et médicales se perd dans les méandres du temps, les paradis artificiels si bien dépeints par Baudelaire étaient alors plutôt bien tolérés. Et quoique que la Suisse ait ratifié en 1924 déjà la convention internationale de l'opium (La Haye 1912), ce n’est qu'à partir des années 1970 que la toxicomanie a pris une proportion vraimentproblématique.

L'épidémie débute aux Etats-Unis. Importée par les soldats de retour du Vietnam, l'héroïne se répand rapidement sur les campus universitaires. En Suisse, l'héroïne arrive aussi de l’Est, rapportée par les voyageurs de retour d'Orient. Le temps est alors aux quêtes initiatiques, dont beaucoup s'arrêtent à Katmandou, ou même déjà à Istanbul, sur la case drogue.

Une large majorité desconsommateurs lui préfèrent cependant le haschisch, une autre mode arrivée d'outre-Atlantique. En 1951, la loi met cannabis et héroïne sur le même plan, aux côtés de la cocaïne, une assimilation qui ne tarde pas à susciter un abondant débat politique et scientifique. Les partisans de cette assimilation voient dans le chanvre une drogue palier dont la consommation conduit systématiquement à uneescalade vers l'héroïne. Une croyance dont la pertinence sera parfois vérifiée sur le plan individuel, mais jamais sur le plan statistique.
En 1975, la politique de la drogue en Suisse se durcit, elle s'inscrit dans une stratégie mondiale, pilotée par l'ONU et inspirée avant tout par les États-Unis. Son premier objectif est de réduire l'offre de drogue. Il s'agit de faire la guerre à la drogue,comme l'a proclamé Richard Nixon en 1971. L'interdiction de la vente de seringues sans ordonnance, adoptée par plusieurs cantons, s'inscrit dans cette ligne d'action qui voit l'illégalité, le risque sanitaire et la marginalité comme autant de motivations indispensables au salut des drogués. La consommation de drogue ne devrait pas conduire en prison puisqu'elle ne constitue qu'une contravention. Mais,dans la rue, on a de la peine à payer les amendes, qui sont converties en jours de détention. L'arrestation, à laquelle peu échappent sur le long terme, offre l'occasion de les soumettre à un sevrage forcé (pas de prison pour un drogué qui accepte une postcure) dont les juges, au début, attendent le plus grand bien. Cependant, une longue série de rechutes pousse certains médecins vers...
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