Pomes lyriques

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1549 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 juin 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Complainte Du Partisan
(Emmanuel d’Astier de La Vergerie)





Emmanuel d'Astier de La Vigerie, alias Bernard dans la Résistance, fut le fondateur du groupe « Libération-zone Sud ». Après un premier voyage à Londres en 1942, il y retourne en 1943, où il écrit Complainte duPartisan, un poème qui fait parti de la résistance contre l'occupation allemande en France. Il retrace les souffrances endurées par Emmanuel d'Astier pendant la guerre.

Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme.

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.

J'ai changé cent fois de nomJ'ai perdu femme et enfants
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les Allemands l'ont pris
Il est mort sans surprise.

Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières.

Le vent souffle sur les tombes
La liberté reviendra
On nous oubliera
Nous rentrerons dansl'ombre

Bretagne
(Eugène Guillevic)

      Bretagne est un poème d'Eugène Guillevic, poète originaire de Bretagne. Sous le pseudonyme de Serpières, Guillevic livre ses rimes à « l'Honneur des poètes », recueil de poésies collecté par Eluard et qui rassemble ceux qui disent non aux occupants allemands : Vercors, Aragon, Tardieu,Desnos... Ce poème, aux nombreuses répétitions – surtout de la couleur blanche – dénonce l'horreur de cette guerre.

Il y a beaucoup de vaisselle,
Des morceaux blancs sur le bois cassé,

Des morceaux de bol, des morceaux d'assiette
Et quelques dents de mon enfant
Sur un morceau de bol blanc

Mon mari aussi a fini
Vers la prairie, les bras levés,
Il est parti, il a fini

Il y a tant demorceaux blancs,
De la vaisselle, de la cervelle
Et quelques dents de mon enfant;

Il y a beaucoup de bols blancs,
Des yeux, des poings, des hurlements,

Beaucoup de rire et tant de sang
Qui ont quitté les innocents.

La Grande Misère de la France
(Ivan Goll)

      Poète alsacien deconfession juive, pour échapper aux persécution nazies, Ivan Goll s'est exilé aux Etats-Unis au début de la guerre. C'est en exil qu'il a publié, dans la revue « Poet's Message » dont il fut le fondateur, La Grande Misère de la France. C'est un poème dans lequel il dévoile ses regrets d'avoir quitté la France à cause de la IIe Guerre Mondiale.

Nous n'irons plus au bois ma belle
Les lauriers sontcoupés les ponts
Aussi : les arcs-en-ciel
Et même le pont d'Avignon

Jeanne d'Arc mortelle statue
Un peu de bronze ensanglanté
Dans cette France qui s'est tue
Ton coeur a cessé de chanter

Jeanne dans sa jupe de bure
Assise sous les framboisiers
Se prépare une confiture
Avec du sang de cuirassiers

La poule noire des nuages
Pond les oeufs pourris de la mort
Les coqs éplumés desvillages
N'annoncent que les vents du Nord

Car l'aube avait du plomb dans l'aile
Et le soleil est un obus
Qui fait sauter les citadelles
Et les lilas sur les talus

Le ciel de France est noirci d'aigles
De lémures et de corbeaux
Ses soldats couchés dans les seigles
Ignorent qu'ils sont des héros

Ni Chartres, ni Rouen, ni Bruges
N'ont assez d'anges dans leurs tours
Pour lutter contrele déluge
Et les escadres de vautours

Taureau chassé des pâturages
Et du silence paternel
Devant la pourpre de l'outrage
Perd tout son sang au grand soleil

Il perd son sang par ses fontaines
Par ses veines par ses ruisseaux
Il perd son sang par l'Oise et l'Aisne
Par ses jets d'eau par ses naseaux

Les douze soeurs de ses rivières
Aux bras cambrés aux noeuds coulants
Dénouent...
tracking img