Portraits de mussolini et hitler dans le salut de charles de gaulle

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  • Publié le : 13 novembre 2011
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Portraits Mussolini/Hitler

Alors que le chapitre IV relate les différentes actions entreprises par les armées pour libérer l'Est de la France, au moment où sonne l'heure de « La Victoire » pour la France, sonne aussi un double glas par l'annonce conjointe des morts d'Hitler et de Mussolini. Leur mort quasi simultanée donne l'occasion à De Gaulle de dresser un double tableau de ces deux hommes.On peut constater une certaine symétrie parmi ces deux portraits qui donnent lieu à un diptyque. Mais malgré cela les deux portrait se différencient dans le point de vue différent dans le traitement que fait l'auteur de chacun de ces dictateurs.

Le chiasme dans lequel de Gaulle annonce la mort d'Hitler puis celle de Mussolini dont il présentera le portrait en poursuivant avec celui d'Hitler,illustre la symétrie de ces portraits qui se rejoignent dans une certaine mesure.

Les deux portraits retracent des parcours similaires des dictateurs. L'un et l'autre, en effet, se caractérisent par des débuts obscurs. Mussolini doit son pouvoir à son caractère « ambitieux, audacieux, orgueilleux » et le rythme ternaire de ces qualifications qui s'achève sur un adjectif péjoratif ouvre laprésentation négative de « ce « Duce », cet homme d’État, cet orateur » qui commence par un titre entre guillemets, comme s'il ne lui était pas approprié, et s'achève par un nom commun évoquant un statut moindre. Hitler, quant à lui, « était parti de rien ». L'un et l'autre accèdent au pouvoir grâce à un contexte favorable pour eux, dans une situation où ils apparaissent comme des sauveurs. Mussolini« avait saisi l'Italie quand elle glissait à l'anarchie », Hitler « s'était offert à l'Allemagne […] lasse de l'empereur tombé, des généraux vaincus, des politiciens dérisoires. ». L'un et l'autre deviennent alors des conquérants et multiplient les lieux à atteindre, ce qui confère à leur personne une dimension épique. Ainsi, pour Mussolini, « sur les rives de la Méditerranée ou de la mer Rouge, ilfallait qu'on lui cédât, ou qu'il conquît, la part du lion. ». Et pour Hitler, « tout alla d'abord comme prévu. L’Allemagne nazie, dotée d'engins effrayants et armée de lois sans pitié, marcha de triomphe en triomphe. ». Cependant, ils voient leurs conquêtes leur échapper. De Gaulle décrit alors l'échec de Mussolini dans un long paragraphe marqué par les questions rhétoriques et qui développe ladémesure du Duce, puis celui d'Hitler, lié à son aveuglement : « Hitler allait rencontrer l'obstacle humain, celui qu'on ne franchit pas. » Ainsi ils tombent, l'un parce que la « gageure devint insoutenable », l'autre parce que « l'entreprise fut surhumaine et inhumaine ».

Si ce diptyque présente bien les deux parcours des deux dictateurs et est révélateur du travail de composition de De Gaulle,il montre aussi que le mémorialiste ne traite pas les deux hommes de la même façon, que sa plume a recours à des procédés différents pour évoquer l'un ou l'autre. C'est pour cela qu'il paraît bon, après avoir réuni les deux dictateurs, de les séparer et d'observer le traitement différents qu'ils reçoivent.

Le portrait de Mussolini est marqué par une volonté de De Gaulle de montrer son méprispour ce personnage en l'anéantissant le plus possible. Cela se remarque tout d'abord par la structure de la présentation qui forme une boucle ouvrant et fermant la page consacrée au dictateur. Cet anéantissement se révèle aussi dans les guillemets, évoqués précédemment, qui encadre la première apparition du titre « Duce », que l'on ne retrouve pas lorsqu'il s'agit du Führer. Et il est significatifque ces guillemets disparaissent au moment où « le Duce [se] joint au Führer », faisant ainsi de lui une copie d'Hitler, montrant que sa politique ne repose sur aucun principe, sur aucune force.
D'ailleurs, la chute du Duce est clairement liée à la débâcle d'Hitler, ce que De Gaulle souligne dans la clôture du portait : « Tant que l'Allemagne parut triompher, le Duce réussit […]. Mais, dès...
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