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« Des cailloux blancs pour les forêts obscures » Anthony Purdy
Voix et Images, vol. 16, n° 2, (47) 1991, p. 262-271.

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Des cailloux blancs pour les forêts obscures
par Anthony Purdy, Université de l'Alberta
Et, comme un œil naissant couvert par sespaupières, Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres. Nerval, «Vers dorés» La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Baudelaire, «Correspondances» Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et les premières communions se célébrèrent aux centmille autels de la cathédrale. Rimbaud, «Après le déluge»

Paratexte 1 Dans le vieux cimetière d'Atlanta, on avait déjà enterré ses restes. Une petite pierre tombale en marbre gris. La terre fraîchement remuée. La réalité. Je me suis agenouillé. Plus tard, quand fai levé la tête, j'ai vu que quelqu'un me regardait au loin. C'était un ange de pierre, debout sur un socle en ciment. Debout dans lalumière brillante du milieu de cette matinée d'automne. Derrière lui, se dressait une rangée de magnolias où des oiseaux s'égosillaient. Tout était calme dans l'ombre bleutée de la nature. Partout, les feuilles d'automne
1 Tbut en adoptant le terme de Gérard Genette, ma démarche dans cette première partie s'inspire davantage du genre d'analyse envisagé par Dominique Garand dans un articleintitulé «La politique editoriale comme contrat de lecture»: L'objet-livre n'est donc pas une simple médiation, un canal entre l'auteur et le ' lecteur, entre l'écriture et la lecture, entre le discours et le marché, entre le texte et l'institution. Il est leur point de rencontre, leur carrefour agonique, le lieu, immédiatement offert au regard du lecteur, de leur rapport polémico-contractuel. Le tombaient lentement. Je regardais l'ange qui connaissait toutes ces tombes, tous ces morts. Pendant des âges, il est demeuré ainsi, debout entre ciel et terre, pensai-je. Comme il m'attirait, m'aspirait vers lui. Peut-être que les anges de pierre attirent aussi bien les oiseaux que les esprits errants et désolés. En m'approchant, je remarquai qu'une vigne avait accroché ses vrilles sur le socle etsur les contours de l'ange. En grandissant, elles s'étaient resserrées sur lui dans une espèce d'étreinte végétale, comme si elles voulaient le retenir sur la terre. Pour la première fois de ma vie, je me tenais devant un ange. Dans le vieux cimetière d'Atlanta, cet ange de pierre tendait une main vers l'azur d'une manière délicate et vulnérable, pendant que l'autre main semblait plongerprofondément dans la terre des morts.2 Pour arriver à cette description de « l'Ange de la présence», il faut lire 150 pages du roman le plus récent de Jovette Marchessault, Des cailloux blancs pour les forêts obscures. Et pourtant, on a l'impression, en lisant ce passage, de reconnaître cet ange de pierre retenu sur la terre par ses chaînes vivantes, végétales. S'agirait-il d'un souvenir écran de quelque...
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