Pour une politique de civilisation, edgar morin : résumé et analyse

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  • Publié le : 22 novembre 2011
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Histoire et regards sur le monde contemporain

Pour une politique de civilisation
Edgar Morin

Résumé et analyse

Résumé

Ce livre est avant tout une remise en question radicale de la civilisation et de la société telle que nous la connaissons. La première moitié de cet essai démontre que toutes les avancées que nous considérons comme positives, quelles soient techniques,scientifiques, technologiques, économiques, idéologiques, etc. sont en réalité d’une complexité extrême. Ces bienfaits qui sont et le fruit et la cause de l’évolution de notre civilisation sont, d’après Edgar Morin, à la fois la force et la grande faiblesse du monde développé. Ceci est admirablement résumé dans la première phrase du livre : «  Les développements de notre civilisation en menacent lesfondements. » Les solutions deviennent des problèmes, et les effets néfastes de notre modernité ne cessent de se manifester.

L’auteur établit ensuite un parallèle entre augmentation du niveau de vie et abaissement de la qualité de cette dernière. Les progrès et développements qui sont le fondement même de la civilisation telle que nous la connaissons (monétarisation, industrialisation, urbanisation,capitalisme…) en sont aussi le poison. La vie est ainsi régie par une machine artificielle, qui remplace les rapports humains par la machine industrielle, qui impose des critères impersonnels dans les entreprises, ou par la machine automatique (au parking, au péage d’autoroute, à la gare…) qui supprime des emplois de contact humain.

Si l’industrialisation augmente le niveau de vie par la productionen masse de produits de consommation accessibles, elle dégrade non seulement les milieux de vie (empreinte écologique), mais menace aussi la qualité de vie. La course à la croissance économique enferme le marché dans une logique de compétition, et la marchandisation poussée a remplacé la solidarité et l’entraide dans beaucoup de domaines. La technologie et la bureaucratie ont inhibé tout ce quiest singulier et ont produit de l’irresponsabilité au profit de la rentabilité.

De plus, l’urbanisation accentuée a également eu d’énormes conséquences sur les rapports sociaux. Les êtres sont soumis aux contraintes du quotidien (métro-boulot-dodo) et les anciennes solidarités se perdent au profit de l’anonymisation. Villes-bureaux, quartiers-dortoirs apparaissent à la place des quartiers et leslieux de rencontre diminuent. Les commerces de proximité laissent place aux supermarchés et les automobiles asphyxient les poumons et la sociabilité. L’individualisation atomise les personnes et réduit le sens de responsabilité envers autrui, le dialogue se perd au sein même des familles et les solidarités de voisinage sont obsolètes. Reste la solidarité apportée par l’Etat, impersonnelle maisindispensable, qui ne fait que contribuer à la dégradation de la véritable solidarité sans apporter de réponses concrètes aux problèmes sociaux. L’individualisme n’apporte que solitude.

Dès lors, toute la société se retrouve anonyme et aliénée. Le pouvoir d’achat et le niveau de vie ne cessent d’augmenter. Cependant, avec ce bien-vivre se développe un mal-être, la réussite économique se payehumainement. On remarque une augmentation de la consommation de psychotropes, d’antidépresseurs, de tranquillisants ; le nombre de suicides et les hospitalisations psychiatriques se multiplient. Les maux de santé de notre société sont socio-psycho-somatiques, et notre mode de vie (avec le stress qui en découle) induit ulcères, migraines, insomnies, nausées, dépressions, tensions sanguines élevées,sciatiques, arthrites, voire même cancer et sida. Si les progrès de la médecine et la haute technologie médicale permettent des guérisons remarquables, l’hyperspécialisation qui la caractérise aliène les patients en considérant leurs organes séparément de leur organisme et leur organisme de leur être psychique et social. Les afflictions contre lesquels chacun lutte de façon privée sont en réalité...
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