Pourquoi la croissance ? la croissance pour quoi ?

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  • Publié le : 4 octobre 2009
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Depuis plusieurs décennies, les Etats nous apparaissent de plus en plus comme impuissants face aux phénomènes de croissance et de récession. La globalisation économique et l’interconnexion grandissante des marchés entre eux semble avoir ôté aux Etats leur rôle d’antan, de « grand régisseur de l’économie ». Mais la croissance économique n’en reste pas moins un enjeux majeur des sociétés modernes.Il convient alors de s’interroger sur les causes et les buts de la croissance : La croissance pourquoi ? La croissance pour quoi ? C'est-à-dire, comment naît le phénomène de croissance et qu’en attend-on ?
Il faut pour cela étudier ce qui rend possible la croissance (I), mais aussi les valeurs et changements qu’elle implique (II), et enfin à quelle prix la croissance s’opère-t-elle (III).

I/Se poser la question « pourquoi la croissance ? » revient à vouloir mettre en lumière les facteurs et causes de la croissance pour aboutir à l’inévitable constat de sa complexité. Pour cela il faut étudier les facteurs principaux de la croissances, la difficulté des modèles théoriques de croissance et deux autres facteurs de croissances souvent ignorés à tort.
Les premiers économistes à s’êtreintéressés à la croissance ont tout de suite observé des facteurs principaux. Pour les économistes pionniers et leurs successeurs, le capital et le travail sont à la source du phénomène de croissance. L’économiste écossais Adam Smith, dans son œuvre Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations publié en 1776, a souligné l’importance du facteur travail notamment à travers leconcept de division du travail qui serait selon lui source de richesse. Le facteur travail engendrait selon cet auteur classique des effets d’apprentissage et d’accumulation du capital à l’origine de profit, puis d’investissement et donc de hausse de la productivité et de croissance. Pour l’Anglais, David Ricardo ce qui permet de contrecarrer le phénomène d’Etat stationnaire mis en évidence dansson œuvre, c’est l’échange international et le progrès technique qui ne sont pas pour autant des facteurs considérés comme facteurs de de croissance. Un siècle plus tard, l’économiste inclassable Joseph Schumpeter a souligné l’importance considérable de l’innovation dans la dynamique économique et donc dans le phénomène de croissance. Cependant ces facteurs n’expliquent pas à eux seuls lacroissance. Ils sont évidemment nécessaires mais pas suffisants, d’autres facteurs s’y ajoutent.
Certains modèles théoriques de croissance mis au point par de célèbres économistes permettent de se rendre compte de la complexité de la croissance, en tentant d’évaluer l’importance respective des facteurs de croissance.
Dans le modèle keynésien d’Harrod-Domar, la croissance est vue comme le résultatd’une alchimie unique, on ne peut y aboutir autrement. L’économiste Domar montre que l’investissement a deux effets : un effet de capacité et un effet de demande par le biais du multiplicateur. Il faut les ajuster subtilement pour accéder à la croissance. Harrod, lui, s’efforcera de montrer que la croissance résulte bien d’une alchimie unique.
Dans le modèle de Solow de l’économiste américain du mêmenom, le progrès technique est automatiquement mis de côté car considéré comme une manne tombant du ciel. Solow montre alors plutôt l’importance de l’accumulation de capital pour expliquer la croissance. Or, le progrès technique ou encore « résidu » représenterait pas moins de la moitié de la croissance des 30 Glorieuses en France selon Carré, Dubois, Malinvaud . Expliquer la croissance n’est doncpas chose facile.
Deux possibilités apparaissent donc pour expliquer la croissance : en mettant en avant l’augmentation du revenu comme facteur de croissance et en endogénéisant les taux d’intérêt ce qui est une optique keynésienne, ou bien comme le font les théoriciens de la croissance endogène comme Barro en expliquant la croissance comme une accumulation de capital source de rendements...
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