Pourquoi refuse-t-on la concsience a l'animal ?

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  • Publié le : 3 novembre 2010
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Pourquoi refuse-t-on la conscience à l’animal ?

Le sujet pose un problème de connaissance (est-il légitime de chercher à connaître l’animal à l’aide d’une caractéristique reconnue comme humaine : la conscience ?) et un problème moral : refuser la conscience à l’animal peut-être un moyen de ne le considérer que comme une machine utilisable à volonté.

I)Ce refus est motivé par l’observationd’un instinct animal.

1)Le comportement animal est gouverné en majeure partie par l’instinct.

Les observations des biologistes (éthologues, en particulier) sur les animaux dans leur milieu naturel et les expériences en laboratoire ont permis de montrer que la majeur partie du comportement animal, si ce n’est l’ensemble dans certaines espèces, était instinctive, c’est-à-dire obéissant à unestructure stricte (stimulus-réponse), innée, immuable. Cette structure conduit l’animal à répondre de manière immédiate, sans processus de réflexion, au stimulus ; la réponse ne varie pas chez l’individu et dans l’espèce. Exemple de l’oie de Lorenz.

2)Or la notion de conscience est incompatible avec la présence d’un instinct.

La conscience se définit par une connaissance de nos pensées et de nosactes, par un retour sur soi, une capacité de jugement de ce que l’on a fait. Elle permet donc un comportement à l’opposé du comportement instinctif. Bergson affirme ainsi que la conscience est « synonyme de choix », qu’elle permet la réflexion, la décision, la liberté dans le choix. Descartes observe (Discours de la méthode) qu’un animal peut savoir faire quelque chose avec plus d’habileté qu’unhomme, mais ne peut modifier son action, contrairement à l’homme, qui peut répondre par son intelligence à la diversité des situations (faculté d’adaptation). On peut donc conclure, par observation et par raisonnement, que l’animal n’a pas de conscience.
Par ailleurs il semble que le caractère héréditaire, non variable de l’instinct montre la prééminence de l’espèce sur l’individu dans le règneanimal. Or la conclusion chez l’homme est intimement liée à la conscience de soi : Kant reconnaît à l’homme la capacité de dire « je », grâce à l’ « unité de conscience » qui persiste à travers les changements subis. Il se distingue ainsi de l’animal, incapable de cette pensée de soi-même comme individu.
On refuse donc la conscience à l’animal en s’appuyant sur la présence avérée d’instincts chezl’animal, et l’incompatibilité de la définition de la conscience humaine avec l’existence d’un instinct.
Quel est alors le portrait de l’animal sans conscience ?

II)Ce refus vise à considérer l’animal comme une machine.

1)Le refus de la conscience implique le refus de la pensée.

On peut définir la pensée par la conscience selon Descartes : « Par pensée j’entends tout ce qui se fait ennous de telle sorte que nous l’apercevons immédiatement par nous-mêmes ». Le signe extérieur de la pensée est le langage ; or les animaux ne parlent pas pour Descartes : ils prononcent des sons issus de mécanismes, mais ne peuvent modifier leur langage ; le perroquet peut répéter des phrases en fonction d’un stimulus, mais pas répondre à la situation, dialoguer. L’animal possède donc uncomportement mécanique, qui s’oppose à la conduite raisonnée de l’homme.
Au final, il faut donc considérer que refuser la conscience à l’animal revient à le décrire comme une machine, un mécanisme corporel dépourvu de pensée.

2)Implication morale et intérêt d’une telle conception pour l’homme.

Les animaux, en tant qu’être non conscient de leurs actes et de leur personnalité, font donc partie deschoses ; leur responsabilité juridique n’est pas reconnue ; ils n’ont donc pas de devoirs. Mais ont-ils des droits ? Kant affirme que « les animaux font partie des choses, dépourvues qu’ils sont de raison, et l’on peut les traiter et en user à volonté » (Anthropologie du point de vue pragmatique). Le fait de considérer l’animal comme une chose, un mécanisme, mène donc à refuser de lui reconnaître...
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