Pourquoi vouloir le vrai ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 36 (8837 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 9 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
« Pourquoi vouloir le vrai ? »

On aurait généralement propension à affirmer que discourir sur la teneur d’une démarche ou d’un fait que l’on estime « vrai » puisse paraître oiseux : tout un chacun pense savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, dans le domaine d’activité et de pensée qui lui est propre, dès lors que je m’appréhende en tant qu’énonciateur d’un discours que je ne conçoisguère autrement qu’en tant que cristallisation de ma raison à travers ma capacité à dire le « vrai ». C’est là faire transparaître que la vérité est une catégorie commune, immédiatement présente en toute parole humaine, à tel point qu’il peut s’avérer malaisé de voir de prime abord en quoi celle-ci peut constituer le caractère existentiel définitoire de notre trajectoire tant elle nous apparaît telun truisme, une évidence qui s’impose à nous dans l’exercice circonstancié de notre entendement. Dès lors, comment expliquer alors que celui-ci se définisse justement par la mise en forme achevée de cette faculté même qui, en tant qu’hommes, non seulement nous amène à vouloir connaître le monde, mais aussi à le régir au sens où nous ne saurions demeurer circonscrits à une simple immanenceréductrice de notre être en tant que sujets doués d’intellection, et partant, d’une propension à répondre à ce que nous sommes ? De quelle manière nous est-il loisible d’envisager ce à quoi, et ce à cause de quoi nous aspirons si cette inclination semble déjà se définir intrinsèquement dans sa formulation même ? Si nous ne saurions rester indifférents face à la présentation d’une connaissance dont laseule caractéristique authentique réside dans un but précis dont nous sommes les acteurs privilégiés, si l’accession à celle-ci nous semble d’ores et déjà acquise par la simple opération de notre jugement que nous jugeons conforme à l’état de chose auquel il renvoie, pourquoi ce qui est « vrai », donc, ici appréhendé en tant qu’idée saisie par une mise en lumière qui la rend manifeste, s’inscrit-elledans un rapport privatif de négativité qui lui ferait exclure l’ignorance et le mensonge ? De là, il convient alors de se demander pourquoi nous voulons le « vrai », par le fait même que toute individualité s’inscrit dans une expectation de la reconnaissance de traits qui lui sont identifiables, et par la suite, la déterminent en ce que nous existons en mesure de ce que nous pouvons connaître etvivre à la fois. Mais en premier lieu, la réponse à la question exige d’abord que l’on procède à une définition de ses principaux termes constitutifs : ainsi, il s’agit de se demander en quoi le « vrai » peut être soumis à une quête singulière, s’inscrivant dans la progression d’une formation identitaire tout en faisant figure de valeur universalisable qui serait à la portée de tout un chacun,ainsi que laisse signifier l’emploi du pronom personnel « le » qui indique un objet auquel nous tiendrions tous. Y aurait-il alors un « vrai », une catégorie métaphysique monolithique qui inclurait l’ensemble des particularismes qui nous rendent propres à nous-mêmes ? Au demeurant, qu’est-ce donc que « le vrai », dès lors qu’ en tant que substance pensante, ce que je rapporte à l’entité qui m’estdonné de percevoir dans l’immédiateté ou la continuité s’inscrit par l’idée même d’adéquation qu’elle porte en germe dans un rapport d’égalisation, donc, partant, de résorption d’un écart, annulation d’une différence ? Il semblerait donc que là où cela diffère, n’y aurait pas de « vrai » autrement que dans une connaissance et une adhésion communément reconnue à ce qui a été prononcé et affirmé, parrapport à ce que nous estimons non légitime car allant à l’encontre de ce qui a été admis. Il semblerait en effet que nous n’envisageons rien de tel que le « vrai », sinon, de manière sous-jacente, les contraires de ce qui nous amène à déterminer les critères distinctifs de ce dernier, qui nous permet alors d’instaurer une relation différentielle faisant davantage autorité pour nous par sa...
tracking img