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Denitsa Andonova
Master 1 Sociologie

Sociologie des organisations

Fiche de lecture:

Gilles HERREROS
« Pour une sociologie d'intervention »
coll. Sociologie Clinique, Erès, 2002

Sous la direction de Monsieur Bernard WOEHL

L'auteur, Gilles HERREROS, docteur en sociologie, a été consultant en sociologie des organisations, chargé de cours àl'université Paris-Dauphine, maître de conférences à l'université des sciences humaines de Strasbourg. Il est actuellement maître de conférences à l'université Lumière Lyon II et membre du Centre de Recherche et d'Etudes Anthropologiques (CREA). Son activité d'intervention dans des organisations aux intérêts divers lui permet de définir cette pratique comme « une démarche poussant le sociologue à venirse placer entre et parmi les acteurs d'une situation à laquelle il est au départ entièrement étranger, et ce à la demande d'un commanditaire, dans la perspective d'établir avec lui et l'entité au nom de laquelle il s'exprime, une relation d'aide pouvant prendre des formes multiples mais dont la dimension cognitive reste toujours présente ».

À travers une approche méthodologique, théoriqueet épistémologique, il entend répondre à des questions auxquelles tous les praticiens de l'intervention (spécialistes des sciences humaines mais aussi consultants de toutes les disciplines) se trouvent confrontés. L'action du sociologue répondant à la demande sociale relève-t-elle de la science ? L'implication du chercheur est-elle compatible avec la rigueur de sa démarche ? Quelles relationsétablir avec un commanditaire ? Quelles sont les postures de l'intervenant ? Comment se déroule une intervention ? Quelles contraintes théoriques respecter ? Quelle position adopter face à la notion d'expertise ? Quelle vocation accorder à la connaissance produite ? Pour Gilles Herreros, la sociologie d'intervention est une démarche résolument engagée, sans être pour autant militante.

Ellemobilise une forme d'intelligence théorique et pratique, articulée sur différents paradigmes. Loin de chercher à s'enfermer dans une théorie du social exclusive de toute autre et prétendant à l'autonomie de son cadre conceptuel, le sociologue gagne à pratiquer le mélange et les articulations, à cultiver les interférences entre pratique de terrain et constructions théoriques, à privilégier lescirculations entre systèmes conceptuels.
Des récits d'intervention viennent ici ponctuer les développements et fournissent des contours précis à cette sociologie d'intervention.

Le sociologue ne peut échapper à la demande sociale et doit s’inscrire dans la position du « tiers » aidant ses interlocuteurs de l’organisation demandeuse à résoudre leurs problèmes. Mais il ne doit pas pour autantadopter la position de l’« expert », trop autoritaire et normalisante. Dans cette perspective, l’ouvrage a pour but de définir une nouvelle posture de l’intervenant, au prix d’une transgression assumée de certains canons de la littérature sociologique privilégiant le recul et la neutralité.

L’auteur passe tout d’abord en revue trois approches principales, en faisant une analyse critique.Face à l’essoufflement de ces « écoles », l’auteur propose une « clinique maïeutique », c’est-à-dire fondée sur une collaboration entre l’intervenant et les acteurs de la situation étudiée. Il s’agit d’échanger, d’expérimenter ensemble, en rejetant tout modèle déterministe.

Dans son ouvrage, l’auteur cherche à «revitaliser» la sociologie de l'intervention. Pour cela il analyse plusieursthéories de l'intervention. Ainsi, dans le chapitre premier, il traite l'intervention sociologique telle que la conçoit Alain TOURRAINE, décrivant son dispositif et les concepts fondant cette sociologie. Puis, au chapitre second, il est question de l'analyse stratégique menée essentiellement par Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG. Le troisième chapitre est consacré à l'analyse institutionnelle...
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