Primatologie et culture

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  • Publié le : 7 avril 2011
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Sur quelles bases peut-on associer certaines espèces animales à la culture?

La notion de culture fut longtemps réservée à l’être humain, et ce, malgré ses nombreuses définitions. L’homme se distinguait des autres animaux par son accès à la culture. Or, de récentes découvertes concernant principalement les primates, mais aussi d’autres espèces, ont amené les différents scientifiques(sociologues, anthropologues, ethnologues, etc.) à revoir la notion de culture et ce qu’elle englobe. Dans le cadre de ce travail, nous nous intéresserons aux définitions de la culture qui, à la lumière de ces découvertes, peuvent être appliquées non plus seulement à l’être humain, mais aussi à diverses espèces animales. Dans un premier temps, à l’aide de plusieurs exemples de découvertes diverses tiréesdu chapitre douze du texte de Yves Christien : « Sans culture? » dans L’animal est-il une personne ?[1], du chapitre deux : « Des cultures animales » de l’ouvrage Les origines de la culture[2] de Roland Schaer et de l’ouvrage de Maddalena Bearzi et de Craig B. Stanford : Ces belles intelligences[3], nous démontrerons que les animaux ont des capacités jusqu’ici ignorées. Les primates seront lespremiers sujets de cette analyse. Puis, nous élargirons notre champ d'études pour inclure certaines espèces marines et terrestres qui, elles aussi, font preuve de culture. Pour terminer, nous présenterons deux notions de la culture, proposées par Maurice Godelier dans le chapitre : « Quelles cultures pour quels primates, définition faible ou définition forte de la culture » de l’ouvrage : La cultureest-elle naturelle?[4] qui nous permettront de séparer la capacité à produire de la culture en deux groupes distincts.

Les deux éléments que nous retiendrons dans la notion de culture sont la nouveauté ou l’innovation et la transmission d’une donnée d’un sujet à un autre. En effet, même s’il est connu que les animaux nous surprennent par leur intelligence et leur habileté, la culture sesitue à un autre niveau. L’exemple qui nous servira de base pour ce travail est la découverte la plus frappante et la plus révélatrice de ces dernières années. C’est en 1953 que deux primatologues japonais se rendirent sur l’île de Koshima pour y observer une population de macaques. Là-bas, ils furent témoins de la naissance d’un savoir. Une femelle du nom de Imo ramassa une patate douce ets’approcha de la rivière afin de la nettoyer. Ils assistèrent ensuite à la transmission de ce savoir en observant plusieurs singes se mettre à adopter cette technique peu à peu. Certains macaques, plus vieux, ne l’utilisèrent jamais. Cependant, les jeunes mères l’apprenant à leurs petits, cette technique se propagea et devint une coutume dans la population. À cette découverte, s’ajoute l’observation que lessinges finirent par laver leurs pommes de terre dans l’eau de mer ayant découvert que le sel était fort agréable au palais. Par la suite, les macaques firent d’autres découvertes liées à la première. Dans cet exemple, l’homme s’est retrouvé face à une espèce animale faisant des découvertes, les appliquant et les apprenant aux nouvelles générations. Ainsi, le savoir ne se perd jamais et les singesacquièrent dès leur plus jeune âge une base sur laquelle ils pourront construire de nouvelles choses. En opposition, nous aimerions avancer l’exemple de la pieuvre. En effet, cet animal doté d’une intelligence hors du commun et d’une capacité d’apprentissage exceptionnelle n’a pas accès à la transmission du savoir. Alors que le père ne s’occupe aucunement de sa progéniture, la mère prend un telsoin de ses œufs, qu’elle ne se nourrit plus et meurt peu après leur éclosion. De ce fait, l’apprentissage du poulpe repart à zéro à chaque nouvelle génération. Ici, le savoir s’éteint et la race ne fait aucun progrès. Ces êtres qui pourraient développer une culture surprenante n’ont pas accès à la transmission et leur savoir n’évolue jamais.[5] Cet exemple nous permet de mettre de l’avant les...
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