Princesse de cleves , scene d'aveu

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1142 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
La scène d'aveu suit la scène d’introspection au cours de laquelle Princesse de Clève p pris conscience de sa passion pour le Duc de Nemours et de la tromperie dont elle faisait preuve vis-à-vis de son mari.
Ainsi, cette dernière supplie son mari de fuir la cour pour trouver refuge à Coulommiers. Ce dernier trouvant étrange ce désir de retraite de sa femme pense qu'elle lui cache quelque chose,et la pousse à parler. Cet aveu se fait devant le Duc de Nemours qui, caché, épie le couple. D'emblée, cet aveu s'avère donc problématique, puisque il va à l’encontre des valeurs de la cour où tout est toujours lisse : l’aveu de la princesse de Clèves n’est en effet pas tout à fait confidentiel puisqu’il est dévié par l'amant caché. Il ne peut donc au final, être source de soulagement et deliberté.

Tout d’abord on remarque que cette scène se présente comme une scène de théâtre où les deux personnages se répartissent le temps de paroles et où chacun adopte des postures qui reflètent à la fois leurs sentiments et le contenu de leurs paroles.
On remarque d’abord un certain nombre de verbes de paroles « répondit-elle avec un air embarrassé, répliqua-t-il, reprit-il, s’écria-t-il,dit-elle, s’écria, reprit-il , répondit-elle, dit-il »
L’étude de ces verbes de paroles montre que la tension entre les personnages monte peu à peu et que les personnages sont dans l’impossibilité de communiquer : alors que le prince de Clèves se montre de plus en plus engagé par la tonalité de ses propos( phrase interrogative, exclamative, tournure impersonnelle d’abord « le repos n’est guèrepropre » puis plus engagée « Ah ! Madame ! Votre air et vos paroles me font voir… », la princesse par la monotonie du ton qu’elle adopte ou le silence dans lequel elle se terre manifeste sa volonté de ne rien dire.
De la scène se dégage alors un certain pathétisme que le lecteur peut éprouver surtout en observant l’évolution des personnages (le prince de Clèves d’abord dont les propos sont marquéspar le champ lexical de l’ignorance et de la crainte « des raisons que je ne sais point, je vous conjure de me les dire/ que me faites vous envisager, vous ne me dites rien), puis la princesse de Clèves ensuite.( un air embarrassé, dans un profond silence), aux paroles s’ajoutent ensuite les attitudes des corps
En effet la princesse a fait son aveu à genoux, dans une attitude d'humilité, desoumission et d’abandon, tout près de son mari : " il la vit à ses genoux ". Son visage est également " couvert de larmes ". Tout cela ne peut manquer de provoquer la pitié du mari, qui " pensa mourir de douleur ", mais aussi celle du lecteur.
Quant au mari, il est resté pendant l’aveu " la tête appuyée sur ses mains ", signe de préoccupation, d’abattement. De plus on trouve dans le texte tout unchamp lexical de la souffrance: " larmes ", " douleur ", " affliction ", " malheureux ". Ce champ lexical s’accompagne de superlatifs: " le plus malheureux homme ", mais aussi d’hyperboles: " mourir de douleur ", " visage couvert de larmes ". Il s’agit là d’une scène quasi religieuse où la princesse se repent devant celui qui seul a le pouvoir de lui faire retrouver la paix
L’efficacité de l’aveuechoue ainsi parce que le prince n’est pas capable d’absoudre la princesse mais verse peu à peu dans les dérèglements de la passion. Ces émotions vont ainsi être marquées par l’emploi des diverses modalités: les interrogations montrant le désespoir et l’emportement du prince, on peut donc dire qu’il est en situation de faiblesse et de désarroi et qu’il prend peu à peu les attitudes d’un personnagetragique dont la douleur ne s’arrêtera qu’avec la mort..
La chute du prince est d’autant plus flagrante qu’au début le prince est un modèle de courtoisie et de perfection, incarnant l’idéal de l’honnête homme et rappelant les propos du narrateur « un homme d’une sagesse qui n’est pas propre à son âge. »
Ainsi il ne cesse de l’appeler « Madame » et semble se tenir bien éloigné d’elle, il est...
tracking img