Projet de recherche

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  • Publié le: 2 juin 2012
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Ugur Selçuk TEZCAN
Etudiant à l’Université de Paris X - Nanterre
Faculté des Sciences juridiques, administratives et politiques
Master 2 Recherche Sociologie Politique Comparative
ugurselcuktezcan@gmail.com




PROJET DE RECHERCHE POUR UNE THESE DE DOCTORAT



Le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) et la TÜSIAD (Association des Hommes d’Affaires de Turquie)Pour une sociologie comparative des groupes d’intérêt















Choix de la méthode comparative 

Nous sommes en présence de deux organisations associatives patronales –groupes d’intérêt- qui sont nées dans deux pays différents, ce qui nous incite à recourir à une méthode comparative, ou, dans une plus large mesure, à adopter une logique comparative dansl’ensemble du travail de recherche. Nous allons étudier ces deux phénomènes, non pas à travers une réflexion de politique comparée au sens strict du terme. L’effort d’étudier les groupes d’intérêts dans une logique comparé mais en restant fidèle aux schémas classiques (pluralisme, corporatisme, néo-corporatisme) ne donne pas toujours des résultats satisfaisants. C’est un problème qui a été soulevé parcertains spécialistes et qu’on confronte assez fréquemment dans les recherches en sciences sociales : « les recherches en sciences humaines utilisent souvent des catégories d’individus ou de groupes […] comme des données quasiment naturelles, sans s’interroger suffisamment sur les processus qui sont à l’origine de leurs constitutions »[1]. Cette attitude consistant à considérer les groupesd’intérêt comme des machines à émettre des demandes sociales empêche de poser la question de savoir quel mode de médiation des intérêts est dominant, alors que la domination du pluralisme ou du corporatisme doit être expliquée par la configuration des rapports Etat – société civile, qui ont leur origine dans l’histoire de la construction de l’Etat en question[2].

Ainsi, nous avons pour l’objectifd’établir une comparaison des phénomènes sociaux (en l’occurrence les organisations) qui permet d’élargir le champ de la comparaison et « d’affiner l’analyse des spécificités de chacun des termes considérés »[3]. En revanche, seule une analyse au niveau micro ne nous permettra pas d’établir une relation de comparabilité entre deux phénomènes. Il est donc nécessaire de se positionner sur l’articulationentre les niveaux macro\micro, qui constituent un concept relationnel.




1. La production des noms communs et des variables systémiques : la dimension macro-sociologique

La comparabilité des phénomènes dépend également de l’expression des noms communs et des variables. Nous allons essayer, ici, de sortir les problèmes de leurs contextes d’origine (que ce soit historique ou autres). Enrevanche, nous allons intégrer les éléments des particularité et du contexte dans des variables systémiques.

1.1 Les noms communs et les concepts clés

1.1.1- L’étaticité et l’hégémonie

Les deux systèmes politiques sont marqués par une forte présence de la tradition d’Etat et de la méfiance de l’Etat par rapport à la représentation des intérêts privés.

§ En ce qui concerne la France, ilest important d’aborder les bases philosophiques de la construction du modèle républicain, centralisé, dans lequel l’Etat apparaît comme le défenseur et le producteur ultime de « l’intérêt général ». La conviction rousseauienne y est fortement présente : les intérêts particuliers que représentent les groupes mettraient en danger l’intérêt national. La relation entre les groupes d’intérêt et l’Etatdevrait donc se structurer autour de cette primauté de l’Etat comme pourvoyeur de l’intérêt général[4].

§ En ce qui concerne la Turquie, l’analyse se focalise sur la « Tradition d’Etat » qui s’inscrit, selon Heper, dans la culture politique turque. D’autre part, l’« importation » du modèle français de l’Etat est un élément essentiel de similitudes. Mais, l’Etat n’apparaît pas comme...
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