Promenade de picasso

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  • Publié le : 28 mars 2010
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Le poème Promenade de Picasso de Jacques Prévert clôture son œuvre Paroles juste avant le poème Lanterne magique de Picasso. Ce recueil aux thèmes nombreux et variés traite à multiples reprises de l’art et la création. Le courant du surréalisme, qui fut un courant de renouveau en littérature, apparaissait bien dans les écrits de Jacques Prévert, même s’il affirmait en être détaché. Le surréalismecorrespond à l’expression directe de la pensée, sans contraintes, sans limites, sans normes ni obstacle. Prévert exprime ainsi ses sentiments vis-à-vis de l’art et engage le lecteur à une réflexion sur la peinture non-figurative, en réinventant la poésie et en menant un réel travail d’écriture sur une œuvre où l’on retrouve la fantaisie dès le premier regard.

A la première lecture, le poèmePromenade de Picasso apparaît sous une forme très excentrique. En effet, ce poème en vers libre dégage une forte irrégularité dans son écriture. La métrique est nullement définie, et le poème comporte des monosyllabes, « et » mais encore des vers allant jusqu’à 15 syllabes, « Le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette », ce qui destructure la versification, singularisant le poème par sonoriginalité en opposition avec des poèmes réguliers, classiques. Prévert, ne recherche pas à respecter une structure précise ou à rentrer dans un cadre, mais il donne sa propre conception du genre poétique, en développant un poème plein de fantaisie dans sa forme. La ponctuation est elle aussi très particulière, puisqu’elle est quasiment nulle : on ne retrouve qu’un seul point final au poème, afinde parvenir à un enchaînement des idées. D’ailleurs, le seul connecteur logique de ce poème est « et » : la parataxe permet une avancée rapide du récit, et permet de rendre plus frappantes les informations données. Dans un poème où la ponctuation est absente, l’emploi précisé de majuscules permet de donner des points de repère au lecteur entre plusieurs étapes, séquences abordant différentsthèmes. Dans ce poème, ce n’est pas la versification ou la forme de l’écriture qui permet de créer une structure, mais ce sont les sonorités qui jouent le plus grand rôle. En effet, on retrouve des allitérations en « p » vers la fin du poème, créant une cadence, mais aussi à partir du vers 15 une allitération en « s » qui profile un rythme plus doux. Il est original de structurer un poème par sessonorités et non par son écriture, et c’est encore tout ce qui crée la fantaisie de ce poème. D’ailleurs, à la lecture à haute voix, on entend un grand nombre de jeux de sonorités, de rythmes, de jeux de mots, qui peuvent laisser supposer que ce poème n’est pas à lire mais à chanter. Par exemple, ils existent de nombreux calembours appuyant sur des sonorités parallèles : « un duc de Guise qui se déguiseen bec de gaz », ou encore l’inversion entre « le serpent du Jeu de Paume et le serment du jus de pomme ». L’anaphore du mot « et » à la fin ainsi que celle du mot «la pomme » au début du poème permet encore de créer un rythme en rendant le poème plus accessible, et de nombreux enjambements donnent une continuité à la lecture. Les rimes ne sont pas définies particulièrement, même si on peutretrouver dans regroupement des rimes d’une part féminines et d’autre part masculines. Les rimes féminines sont en majorité, mais le dernier vers est masculin, ce qui représente une progression. L’originalité de ce poème se retrouve ainsi dans sa musicalité, car cela lui donne une structure précise malgré qu’il soit en vers libres, ce qui fait toute sa fantaisie.
Dans un poème à la forme originale maisstructurée, Prévert développe une anecdote dans un langage naïf et spontané, ce qui rend l’œuvre à la portée de tous. Ainsi, l’emploie d’un vocabulaire simple et humoristique permet de donner un premier sens très accessible. Le thème principal et récurent de ce poème est l’art sous différents formes. L’art poétique est manié par l’auteur, qui mentionne l’art plastique sous le pinceau d’un «...
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