Prostitution en belgique

Introduction:

Parce qu'elle touche à la fois à la liberté individuelle et à la dignité humaine, parce qu'elle porte sur un métier que l'on dit « vieux comme le monde » et qui traîne derrière lui son cortège de préjugés et de tabous, la question relative à la législation de la prostitution est difficile à appréhender.
Il serait long et fastidieux de reprendre l'évolution de la prostitutionà travers les âges de l'antiquité jusqu'à nos jours et partout à travers le monde aussi bien en Occident qu'en Orient. C'est pourquoi j'ai décidé de commencer le travail en présentant un bref récapitulatif historique de la prostitution en Belgique reprenant les points clés de cette problématique dans l’histoire de notre pays.
Ensuite, je vous présenterai les grands modèles traditionnels degestion de la prostitution, c'est-à-dire les principales approches qu'ont les gouvernements pour faire face à la prostitution, approches qui se sont dégagées dans le monde et au fil des époques. (le réglementarisme, l'abolitionnisme, le prohibitionnisme, le néo-réglementarisme et le néo-abolitionnisme)
Après ce récapitulatif historique et théorique, nous nous attarderons sur l'aspect juridique de laprostitution en Belgique. En premier lieu je citerai toutes les principales lois relatives à la prostitution dans le code pénal, ce qui équivaut à la réglementation adoptée par la Belgique face à la problématique de la prostitution. Dans un deuxième temps, je reprendrai les faits marquants contemporains (20ème siècle) qui ont façonné la juridiction actuelle du paysage belge concernant cetteproblématique. Enfin, je décrirai le statut social de la prostituée en Belgique en tant que salariée et en tant qu'indépendante.
Dans la quatrième partie de ce travail, j’analyserai les différentes explications actuelles de la prostitution dans nos sociétés occidentales.
Suite à cela, je citerai les points de vue de différents partis politiques belges que j’ai interpellés à ce sujet. Je commenteraices différents points de vue et j’en réaliserai la synthèse par rapport aux modèles traditionnels de gestion de la prostitution.
Enfin, je terminerai ce travail par ma conclusion.

1. Evolution de la prostitution en Belgique.

Lorsqu'on se penche sur l'histoire de la prostitution en Belgique, on voit se dessiner un effet de balancier qui hésite entre la tolérance et la répression. Je faisréférence ici à l'hésitation permanente entre l'application du système réglementariste et celle du système abolitionniste. Pour les premiers, la prostitution est un mal, sans doute, mais nécessaire et inévitable dans une société. Il s'agit de le gérer, en le canalisant et en le circonscrivant dans un espace bien délimité. Pour les abolitionnistes, au contraire, c'est le mal absolu, le vice, lecrime qu'il faut éradiquer en l'inscrivant dans le Code pénal et en le sanctionnant durement par une peine.
Pour trouver les premières traces d'un certain réglementarisme, il faut remonter à la fin du Moyen Age où ce que l'on appelle alors les « bordels municipaux » ont pignon sur rue. Ils sont entretenus et régis par des autorités privées ou même ecclésiastiques et sont cantonnés dans desquartiers stratégiques de la ville. Les filles de joie portent sur leurs vêtements des signes distinctifs qui permettent d'éviter de les confondre avec d'honnêtes femmes. On retrouve donc les ingrédients principaux du réglementarisme: mesures stigmatisantes à l'égard des prostituées, délimitation des quartiers de prostitution, droit de regard et contrôle des autorités …
La tendance va s'inverser au 16°siècle. C'est ainsi que M. Dupont Bouchat (Professeur à l'UCL, Centre d'Histoire du Droit et de la Justice) explique ce renversement: « l'avènement de l'Etat Moderne, la croissance du pouvoir monarchique en même temps que les crises religieuses, puis la contre réforme catholique, vont amener les souverains à se substituer aux autorités locales, civiles et ecclésiastiques, pour rétablir...
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