Protocole de maputo

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  • Publié le : 13 juin 2011
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LE PROTOCOLE DE MAPUTO : SILENCE, ON TUE !

« Praerarae, veritatem esse est per se notum : quia qui negat veritatem esse, concedit veritatem non esse : si enim veritas non est, verum est veritatem non esse : si autem est aliquid verum, oportet quod veritas sit » Sum.Th, Iª, q. 2, a.1
« L’existence de la vérité est connue par elle-même. En effet, qui nie la vérité dit qu’elle n’existe pas ;mais si la vérité n’existe pas, le fait de sa non-existence est vrai, et s’il est quelque chose de vrai, la vérité est » Thomas d’Aquin, Somme de Théologie, partie I, question II, article1.3

Dans l’entre-deux guerres, Alain écrivait : « Penser le mal, c’est penser mal » , formule doublement paradoxale puisqu’elle émane de quelqu’un qui s’employa à dénoncer la guerre et à prôner le pacifisme, etqu’elle paraît en outre comporter une contradiction logique : comment dénoncer une faute, un défaut de la pensée sans faire référence implicitement à une norme de la pensée correcte, et donc reconnaître du même coup une pertinence à la notion de mal ? Le paradoxe d’Alain s’éclaire si l’on considère que son propos est un commentaire de Spinoza, chez qui il trouvait à la fois un rationalisme auquelil souscrivait lui-même, mais qui avait pour conséquence la dénonciation de l’opposition du bien et du mal comme un anthropomorphisme fallacieux. Spinoza fut à cet égard le premier à demander que l’on pense « par-delà le bien et le mal », comme Nietzsche le requerra à son tour en poussant le bouchon jusqu’à en faire un titre d’un de ses ouvrages. Or un tel dépassement n’érige-t-il pas unedictature du conformisme et de la pensée unique face auxquels nos silences seraient complices des dérives possibles ? Ce qui est manifeste, c’est que la position de Spinoza et celle de Nietzsche mettent bien en évidence un aspect majeur de la culture du XX° siècle finissant qui aura été la conjugaison de deux éléments de jugement sans doute incompatibles : d’une part la réprobation sans concession desinhumanités perpétrées non seulement au cours des deux guerres mondiales, mais aussi ultérieurement par des régimes politiques de tout bord (l’Afrique ne s’en laisse pas compter), et d’autre part l’admission de plus en plus large d’un relativisme moral, devenu inconscient de ce qu’il ne peut conduire qu’à se laver les mains (ou la conscience aussi tenté de dire qu’il y en ait encore une !) des piresatteintes à une humanité dont il se refuse à reconnaître la valeur objective, autant que la valeur normative. Dès lors, n’y a-t-il pas une aporie, voire une contradiction inhérente à la pensée devenue désormais postmoderne dans sa prétention de dénoncer à la fois les horreurs modernes - celles survenues notamment sur le sol africain - en instaurant l’invention récente de crime contre l’humanitétout en prônant, mieux, en projetant sur ce continent sa vision dévoyée de nouveaux modes de vie qui incitent à l’adoption d’une éthique sexuelle et familiale désincarnée de tout repères normatifs mettant en danger le trésor millénaire de ce continent qu’est la famille ?
Le protocole de Maputo illustre bien ce paradoxe, il a été promulgué dans la ville de ce même nom le 11 Juillet 2003. Il aété ratifié par le Cameroun le 28 mai 2009 dernier. Depuis, certaines personnes de la société civile tout comme religieuse notamment, son Eminence Christian Cardinal Tumi, parce qu’elles connaissent parfaitement les périls contenus dans ledit traité ont trouvé la situation tellement alarmante et ont estimé qu’elles devaient parler ; les réactions ne se sont pas fait attendre. On se souvient de lamarche historique organisée par ce prélat dans la ville de Douala pour la protection et la défense de la vie et les valeurs de la famille. Pour les autorités, toutes ces réactions ne sont qu’interprétations surprenantes et, à la vérité, dévoyantes et à en croire Madame la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille dans l’hebdomadaire, La Nouvelle Expression certains lecteurs «ne se...
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