Proverbes. les anciens disaient...

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  • Publié le : 7 juin 2010
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Proverbes. Les anciens disaient...
"De notre temps, il suffisait d'une petite phrase pour remettre quelqu'un à sa place, pour se faire respecter ou simplement pour commenter un fait". Laidiya, foulard noué autour de la tête, caftan et tchamir regrette les temps passés. Cette octogénaire comme on en fait de moins en moins est onze fois mère et moult fois grand-mère. Mais c'est avant tout unrecueil vivant de proverbes. "De mon temps, les femmes étaient capables de tenir des discussions entières en paraphant chaque phrase d'une citation appropriée. Vous autres, les gens d'aujourd'hui, vous passez votre temps à parler sans résultat" dit-elle. Cynisme, sagesse, méchanceté… les femmes étaient |

maîtresses lorsqu'il s'agissait d'avoir de la répartie. Et il y en avait pour toutes lessituations.
Aujourd'hui, les plus chanceux se souviennent vaguement de ces réunions de familles, où les maladresses des uns et des autres étaient commentées par des bons vieux proverbes de grand-mères. Depuis, ce pan de notre tradition orale est tombé en désuétude, pour de nombreuses raisons. Les femmes, dépositaires de ce patrimoine, sont passées à autre chose. Leur condition ayant changé, ellesn'ont plus besoin de tant de subtilité pour dire les choses. Leur mode de vie a évolué, et leur créativité a mué vers d'autres formes d'expression. Ensuite, le dialecte marocain est franchement en mal d'amour. Puis, ce n'est pas très branché de parler avec des proverbes. Alors on oublie. Et entre temps, c'est une grande facette de notre société, de notre histoire qui nous échappe. Souvent aussi, bonnombre de ceux qui ont survécu au temps ont perdu de leur sens, ou celui-ci a complètement été déformé. Les histoires et les situations qui ont donné naissance à ces proverbes sont passées aux oubliettes. En attendant une miraculeuse réconciliation avec notre culture, une petite plongée dans l'univers malicieux des femmes d'autrefois nous permettrait peut-être de comprendre comment s'est forgénotre mentalité. Merci Laadiya.

Si un métier n'enrichit pas, au moins il protège. Et peut-être même te sauvera-t-il la vie un jour.
Un roi très sage fait apprendre à son fils le métier de Mjadli (fabriquant de bandoulières de soie).
Un soir, alors que le jeune prince s'amusait avec son ami, il lui souffle l'idée de se déguiser en marchands ambulants pour se rendre en ville. Arrivés dans lesquartiers chauds de la ville, les deux enfants pénètrent dans l'échoppe d'un marchand de viande hachée qui avait pour habitude de tuer les plus gras de ses clients pour en vendre la chair.
Les ayant surpris, le marchand les fait prisonniers.
Passe le tour du jeune ami du prince, et quand vient le sien ; il propose un marché à son bourreau
- Épargne-moi et en échange, tu gagneras dix fois plus tantque je suis en vie.
- Comment ? lui demande le marchand
- Apporte-moi des écheveaux de soie de couleurs variées, je fabriquerai des cordons de bandoulières que tu vendras au prix fort.
Le gargotier accepte le marché.
Et tous les jours, le jeune prince s'attelle à la tâche faisant le bonheur de son nouveau maître.
Pendant ce temps, le roi, désespérant de voir son unique fils revenir, abandonneles recherches.
Les mois passent et grâce au jeune homme, le marchand laisse tomber son commerce de la chair humaine. Un jour, alors qu'il revenait du souk tout content, le prince lui dit :
- Je peux te faire gagner beaucoup plus si tu veux.
- Comment ? répondit le marchand
- Je peux faire un travail de bien meilleure qualité. Seulement, il te faudra trouver des clients riches pour l'acheter.Apporte-moi des fils d'or et tu verras…
Dès le lendemain, le prince fabrique une splendide bandoulière sur laquelle il a brode sous forme de dessin son nom et l'adresse de sa prison. Il la remet ensuite à son maître et lui conseille de s'adresser aux ministres pour en avoir le prix fort.
Le gargotier va ainsi voir un ministre et lui expose le travail :
- Mon Dieu ! s'écrie celui-ci en voyant...
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