Psychose

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  • Publié le : 2 mai 2011
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Observation GERARD .

Présentation de l'établissement
Je travaille depuis maintenant trois ans au foyer de l'Orpaille à saint Paul-en-Jarez en tant qu'assistante éducative.
Il s'agit d'un foyer d' hébergement qui accueille des adultes handicapés travaillant en Établissements et Services d'Aide par le Travail (ESAT). Ils présentent une déficience intellectuelle moyenne ou légère qui peutêtre associée à des troubles de la personnalité.
L'Orpaille fait partie d'une des nombreuses structures que gère l' Association Départementale des Amis et Parents d'Enfants Inadaptés (ADAPEI).
Cette association est régie par la loi de 1901 et reconnue d'utilité publique en 1964.
Le foyer de l' Orpaille fait désormais parti du complexe foyer d' hébergement ADAPEI de la vallée du Gier depuis laréorganisation de l'association en 2007. Le complexe compte trois structures (l' Orpaille, l' Horme et un service d'accompagnement à la vie sociale) qui accompagnent près d'une centaine d' adultes déficients intellectuels.

Choix de la personne:
Le foyer de l'Orpaille est divisé en trois groupes: A, B et C.
Depuis le début de mes remplacements, j'ai majoritairement été amenée à travailler sur legroupe A. Cette stabilité m' a permis de légitimer ma position de remplaçante et ainsi de pouvoir m'intégrer au sein de l' équipe éducative. La régularité d'intervention m'a aussi permise d'entrer en relation avec les adultes accueillis, de créer du lien.
Je dois pour cet exercice d'observation choisir un adulte et montrer, au travers de diverses situations, la prise en charge relationnelle quej' instaure avec cette personne.
Les situations et la personne étaient déjà une évidence. En effet, quelques mois auparavant, je me suis trouvée en difficulté pour travailler avec G. Je n'ai pas su établir une distance suffisante. Sans m'en rendre compte, j'alimentais ses angoisses. Je pense que la méconnaissance que j'avais de sa pathologie et des conséquences de celle-ci, ne m'a pas permise derépondre de manière rassurante à ses demandes. Ensuite, grâce à mes échanges répétés avec l'équipe éducative, j'ai pu comprendre le cadre dont G. avait besoin et commencer à répondre efficacement aux différentes situations auxquelles je me suis trouvée confrontée. J'ai donc remis ma pratique en question au fur et à mesure que mes connaissances sur lui et sa pathologie ont évolué.
Je choisiraidonc de centrer mon attention sur G.

Rencontre, premier contact, premières observations.
Mon premier jour d'intervention sur le groupe A s'est déroulé sur un temps particulier, celui du lever. A mon arrivée, les adultes étaient déjà pour la plupart à table. Les médicaments distribués, je m'installais avec eux pour prendre un café. Nous discutions de ce qu'ils souhaitaient faire comme sortie leweek-end à venir, quand G est arrivé.
Je me souviens d'une entrée peu discrète. La porte à peine franchie, les yeux froncés,le journal roulé dans une main, il menaçait d'une voix forte les adultes qui avait le malheur de croiser son regard: «qu'est ce que tu me regardes toi?».
G se parlait à lui même. Tout en préparant sa table pour déjeuner, il n'avait de cesse de répéter la même phrase: «ilste veulent pas de mal ici, tu aurais été mieux chez ta mère».
Il ne m'avait toujours pas vu, je me suis donc levée pour le saluer et me présenter. Le ton de sa voix a changé, son regard s'est adouci, il n'avait plus du tout cet air menaçant .
Il s'est mis à bégayer, il essayait de m'expliquer qu'il n'avait rien fait de mal, que tout allait bien ce matin. Je ne comprenais pas où il voulait envenir, son discours décousu était difficile à comprendre. Il me disait alors ne pas savoir se préparer un café, que les «autres» faisaient soi-disant exprès de vider la cafetière, que personne ne l'aidait non plus à couper ses tartines.
Il a finalement fini par éclater en sanglots, il pleurait à chaudes larmes, les bras tournés vers moi, il essayait de m'enlacer.
Bouleversée par tant de...
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