Qu'est ce que le bonheur ?

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  • Publié le : 2 mars 2010
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Le bonheur est une notion difficile à définir en philosophie, mais partons de l’étymologie du terme pour pouvoir énoncer ensuite les conditions de possibilités du bonheur.
Le terme de bonheur vient du terme heur, qui signifie la bonne fortune, la chance. A cela, on rajoute un préfixe, qui est soit bon- soit mal-, selon que ce soit une bonne ou mauvaise augure, chance ou fortune. Le bonheurserait donc le fait d’avoir le moins de malheurs possibles, puisque les deux termes s’opposent. De plus, l’idée de chance suggérée par l’étymologie du terme, suggère qu’un fatum prédétermine le bonheur des individus, sans qu’ils ne puissent rien y changer. Dans la pièce Œdipe Roi, de Sophocle, l’idée de destin est centrale. En effet, Œdipe est voué, selon les prédictions d’un oracle, à tuer son père età épouser sa mère, ce qu’il fit. Ainsi, même s’il a été heureux toute sa vie, à l’approche de sa mort, en apprenant son destin tragique, on peut considérer qu’Œdipe n’est plus en proie au bonheur, d’où la dernière réplique de la pièce : « se garder de croire au bonheur de nul homme avant qu’il n’ait franchi le terme de sa vie, sans que l’affliction l’ait saisi sous sa griffe ».
Cependant, onpeut avancer une première distinction, entre le bonheur et la joie, le plaisir. Œdipe a beau avoir eu l’illusion de mener une vie heureuse parce que remplie de plaisirs et de joies, mais il n’en a pas réellement ainsi. Il semble donc y avoir une distinction entre le plaisir à l’instant présent, et le bonheur, qui lui serait plus à envisager à long terme. En effet, un homme peut, à de nombreusesreprises, jouir de plaisirs divers et variés, autant matériels que spirituels, mais cela fait il pour autant le bonheur ? Le bonheur est différent de la joie que nous tirons du résultat d’une action, ou pendant une action, de l’explosion émotionnelle de la satisfaction d’un désir longtemps porté. La joie que nous tirons de la satisfaction de ce plaisir vient de nous-mêmes. C’est une satisfactionpartielle et momentanée de la sensibilité. Le fait de devenir parents par exemple nous remplit de joie et de gaieté, mais peut on pour autant parler de bonheur. Par ailleurs, certaines philosophies considèrent que ces plaisirs peuvent conduire au bonheur, comme par exemple le libertinage. En effet, pour les libertins, le bonheur est dans le plaisir, il faut donc trouver ce plaisir. L’homme qui doitêtre heureux doit savoir jouir de l’instant présent, et savoir comment gérer ses plaisirs, en les repoussant ou en en abusant.
La recherche du bonheur est incontournable pour l’homme, elle fait partie de ses buts premiers. En effet, l’image véhiculée par le terme de bonheur est celle d’une vie agréable, sans souffrance ni douleur. Les épicuriens par exemple considèrent que « le plaisir est lecommencement et la fin de la vie heureuse ». Ils prônent donc un certain art de vie pouvant conduire au bonheur, qui suppose une distinction entre ce qui est bon ou mauvais pour le bonheur des hommes. L’agréable, ce qui apporte du plaisir, est opposé au désagréable, ce qui apporte la douleur. Or comme la douleur enlève le bien être des individus, il convient de supprimer de sui est désagréable, negardant ainsi que l’agréable : celui qui désire être heureux et donc par la même atteindre le bonheur, doit apprendre à déraciner la souffrance qu’il a lui-même tendance à créer dans ses représentations malheureuses. De même, certains philosophes, comme Hérodote dans les Enquêtes, prônent un mode de vie qui ne soit pas centré uniquement sur les jouissances matérielles, car même si elles sont utilespour parvenir à un certain stade de bonheur, elles ne sont pas une fin en soi. Solon est reçu à la cour de Crésus et il est témoin des richesses de ce dernier. S’en suit une réflexion sur les hommes heureux, et ce n’est pas les biens matériels qui conduisent les hommes au bonheur : « l’homme comblé de richesses n’est pas plus heureux que celui qui n’a que le simple nécessaire (…) Rien de plus...
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