Qu'est ce que le moi?

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  • Publié le : 19 mai 2011
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Qu’est-ce que le moi ?
La question semble suggérée que le « moi » possède un problème de définition.
Quel type de réponse donnée à cette question ?
Lorsque l’on rencontre une question de type « qu’est-ce que », la bonne réponse semble être de proposer une phrase qui explicite le terme en question, et définir signifie donner le genre de la chose, l’espèce et la différence ultime : cf Aristoteet sa logique. En effet pour A. chaque chose a une espèce commune et celle-ci provient du genre par différence.
Ex : Hommes Individus

Espèce Humaine ( spécifique ) Arbre de Porphyre

Animaux
 L’homme ( ESPECE ) est un animal ( GENRE ) spécifique ( DIFFERENCE ).
Comme il y a différents membres de l’espèce quisont les individus appartenant à cette espèce, il faut ajouter un certain nombre de différenciations pour pouvoir tous les caractériser. Un tel effort ne marche pas avec la définition de « moi ». La question initiale n’est donc pas du tout simple.
Dans les Seconds Analytiques, Aristote présente sa conception de la connaissance, et pour lui toute notre connaissance fonctionne par SYLLOGISMES ( =suite de propositions comme par ex : Socrate est mortel ). (Proposition simple : mise en commun d’un sujet et d’un prédicat (caractéristique, attribut) ; Syllogisme : deux propositions sont mises l’une après l’autre ce qui produit une conclusion).
Ex : Tous les hommes sont mortels (Majeur)
Socrate est un homme (Mineur)
Donc Socrate est mortel (si les deux prémisses sont vraies +si le sujet du de la mineur appartient à l’espèce de la majeur)
La distinction entre genre et individus permet d’établir de tels raisonnements et de préciser des différences ; ce qui relève de l’espèce et de l’individu. Ainsi quand on pose la question « qu’est-ce que » on cherche à trouver ce genre de caractéristiques.
Ex : Qu’est-ce qu’un homme -> l’homme est un animal rationnel pour AristoteA l’inverse de cet exemple la question initiale semble être mal formulée justement car on est pas sûr de pouvoir produire une définition du « moi » et ce pour deux raisons : il existe une ambiguïté entre deux questions différentes ; d’une part « qu’est-ce qu’UN moi ? » et d’autre part « qu’est-ce que LE moi ? ». La seconde question avec le « LE » semble impliquer que l’on chercherait à définirune chose unique, une singularité : « le moi ». Par exemple on peut demander « qu’est-ce que LE monde » puisqu’il n’y en a qu’un. Ainsi le « LE » par-rapport à « un » est singularisant ou individualisant.
Mais dire « qu’est-ce que le moi ? » par-rapport à « un », qu’est-ce que cela signifie ? C’est faire ressentir une propriété particulière du mot « moi ». Si on demandait « qui possède un moi ? »,on aurait envie de répondre « les hommes ». Toutefois s’il en possède un, ce n’est pas car ce sont des hommes mais plutôt parce que l’on considère les hommes comme des personnes. Avoir un « moi » apparait plutôt comme un attribut essentiel de la personnalité.
Ex : Un enfant n’acquiert l’usage de la première personne que vers sa troisième année ; alors qu’auparavant il n’utilise aucune personnegrammaticale puis la troisième personne. Avant sa troisième année, l’enfant n’a pas vraiment de « moi » et n’est pas vraiment une personne dans la mesure où il ne peut justifier ou expliquer ce qu’il fait.
Ex : Un schizophrène dont la personnalité apparait fragmentée n’a plus réellement d’unité psychique et n’a plus d’unité de la personnalité : il n’a plus réellement de « moi » dans la mesure oùson identité personnelle est perdue, dans la mesure où il peut changer de comportement sans aucuns contrôles et ce à tout moment. Cela signifie que les petits enfants et les schizophrènes ne sont pas capables de rendre raison de leur actes et donc qu’ils ne sont pas responsables.
En effet si l’on fait appel au concept de personne, c’est avant tout pour pouvoir déterminer des responsabilités....
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