Quasimodo

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  • Publié le : 10 octobre 2010
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«Nous n'essaierons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre*, de cette bouche en fer à cheval, de ce petit oeil gauche obstrué d'un sourcil roux en broussailles tandisque l'œil droit disparaissait entièrement sous une énorme verrue, de ces dents désordonnées, ébréchées çà et là, comme les créneaux d'une forteresse, de cette lèvre calleuse** surlaquelle une de ces dents empiétait comme la défense d'un éléphant, de ce menton fourchu, et surtout de la physionomie répandue sur tout cela, de ce mélange de malice, d'étonnement etde tristesse. Qu'on rêve, si l'on peut, cet ensemble.

L'acclamation fut unanime. On se précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Maisc'est alors que la surprise et l'admiration furent à leur comble. La grimace était son visage.

Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveuxroux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contre-coup se disait sentir par devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées qu'elles ne pouvaient setoucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se rejoignaient par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses; et, avectoute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d'agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résultede l'harmonie. Tel était le pape que les fous venaient de se donner.

On eût dit un géant brisé et mal ressoudé.

Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la chapelle,immobile, trapu, et presque aussi large que haut, carré par la base (...) la populace le reconnut sur-le-champ et s'écria d'une voix:

- C'est Quasimodo, le sonneur de cloches !»
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