Quel est le principe moteur du bonheur conjugal ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2981 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 mars 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Expression et communication

En introduction à son étude sur l’excellence en matière de gestion, de leadership et de réussite personnelle durable, Markus Buckingham, auteur de best-sellers dans les domaines du management et du leadership, présente l’étude suivante.

UNE IDÉE MAÎTRESSE

« Quel est le principe moteur du bonheur conjugal ?»

Vous croyez peut-être que les chercheurs ensciences sociales ont pris l'habitude d'étudier l'excellence dans le but d'en apprendre davantage sur ce phénomène comme tel, mais il n'en est rien. Au cours des cents dernières années, ou à peu près, la pensée dominante a dicté que le bien était l'opposé du mal. Par conséquent, pour comprendre le bien, il fallait étudier le mal, après quoi il suffisait d'inverser les conclusions. Ainsi, la dépressionet la névrose faisaient l'objet d'études dans le but de comprendre la joie. Les enfants drogués faisaient l'objet d'études pour que l'on comprenne comment dissuader les jeunes de consommer de la drogue. L'absentéisme scolaire faisait l'objet d'études afin de déterminer comment prévenir le décrochage. Et les mariages malheureux faisaient l'objet d'études pour aider les gens à éviter le divorce.
Iln'est pas étonnant de constater que ces études aient mené à la conclusion que, dans les mariages malheureux, un des deux partenaires ne comprend pas très bien l'autre, et qu'il se révèle incapable de nommer avec précision les forces, les faiblesses et les valeurs de son conjoint. Par conséquent, sur la base de la conception dominante selon laquelle le bien était l'opposé du mal, les conseilsdonnés aux gens qui suivaient une thérapie de couple consistaient à dire que l'amour pouvait être aveugle, mais qu'une relation solide ne devait pas l'être. Dans une relation solide, une connaissance claire des forces, des faiblesses et des valeurs du partenaire devrait, avec le temps, remplacer avantageusement l'élan passionnel des premières amours. Il fallait donc être à l'écoute de son conjoint,comprendre qu'il ou elle puisse voir les choses différemment. Il fallait l’aimer pour ses forces, mais aussi savoir en quoi consistaient ses faiblesses, les accepter et lui offrir du soutien. C'est ainsi qu'un tout parfait était formé à partir de deux moitiés imparfaites.
À première vue, ce conseil — remplacer l'amour aveugle par une compréhension précise de la personne qu'est réellement notreconjoint — semble plein de bon sens. En effet, si un homme connaît sa femme à fond, celle-ci se sentira mieux comprise et donc plus en sécurité dans la relation. En revanche, si cet homme s'attend à ce que son épouse possède des forces qu'elle n'a pas en réalité, un affrontement risque de survenir lorsque le comportement de la femme prendra le mari par surprise. Pire, si une personne s'accroche à unevision idéalisée de son conjoint ou de sa conjointe, il arrivera tôt ou tard un moment où ce dernier ne sera pas à la hauteur des attentes, et la relation, fragile parce que bâtie sur une illusion, risque de craquer de toutes parts.
Ainsi, ce conseil semble tenir la route à bien des égards.
Toutefois, depuis deux décennies, les études portent de moins en moins sur les mauvais mariages. Sousl'influence des leaders de l'école de la psychologie positive — Martin Seligman, Donald O. Clifton, Mihaly Csikszentmihalyi, Ed Diener —, la conception dominante a commencé à intégrer l'idée selon laquelle le bien n'est pas l'opposé du mal, mais qu'il constitue quelque chose de tout simplement différent, et que si l'on veut vraiment déterminer en quoi consistent les caractéristiques des mariagesréussis, il faut étudier ces mariages avec autant d'attention et de rigueur que l'avaient été jusque-là les échecs matrimoniaux. Si l'on pouvait découvrir ce qui se trouvait au cœur des mariages réussis, et offrir des conseils formulés à partir de ces découvertes, on serait beaucoup plus en mesure d'aider les gens à bâtir des rapports satisfaisants et durables.
Les chercheurs de la State University...
tracking img