Quelle croissance pour demain?

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  • Publié le : 17 avril 2010
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Quelle croissance pour demain ?
En 2007, José Manuel Barroso plaidait pour qu’on aille au dessus du PIB pour tenter d’évaluer le bien-être, en Europe notamment (« Beyond the GDP »). Cette nécessité s’imposait par le fait que, malgré la croissance, les indicateurs sociaux semblaient se dégrader, ou tout du moins ne pas s’améliorer dans de nombreuses nations développées. Plusieurs raisonsjustifient les interrogations sur la croissance future aujourd’hui :
*la crise de laquelle on est en train de sort*ir ;
plus fondamentalement et plus structurellement, les questionnements sur la raréfaction de certaines ressources indispensables à la croissance d’hier
et enfin la nécessité d’identifier, notamment au sein des PDEM, ce que seront les sources de croissance et decompétitivité face à l’émergence de pays comme la Chine ou l’Inde.

La croissance est l’augmentation soutenue du produit global net en termes réels, mesurée à l’aide du PIB (ou PNB). Quelle croissance pour demain ?

1. pourquoi il faudrait demain modifier et continuer d’utiliser un indicateur tel que le PIB
comment il faudrait croitre demain en reconsidérant le rôle de lafinance, le rôle du facteur travail, et la manière de voir ou de gérer les ressources naturelles.
ce qu’il serait envisageable aujourd’hui de faire pour que la croissance demain soit à la fois durable, soutenue, et gage de bien être.
Quel rôle pour le PIB ? (Le PIB est-il un indicateur adéquat ?)
On sait depuis longtemps que le PIB est un indicateur imparfait puisqu’ilnéglige notamment
le travail et la formation domestique
le temps et l’activité passée de manière non lucrative (bénévolat)
peut minimiser, notamment en ce qui concerne le tertiaire, une partie de l’activité et du bien-être.
Le PIB a un 2ème inconvénient essentiel : il n’intègre pas l’éventuel dépréciation du capital, sous toutes ses formes, qui elle même peut être induitepar son accroissement, donc par la croissance. En clair, la croissance ne permet pas de mesurer les externalités négatives, à partir du moment où sa mesure reste fondée sur un indicateur de flux. C’est notamment ce que déplore D. Meda, dans Qu’est-ce que la richesse ? ; et plus précisément, le fait que le PIB ne puisse pas prendre en compte les externalités négatives, implique que la croissance nepeut pas être considérée comme un gage de bien-être et le PIB comme un indicateur de bien-être. C’est la raison pour laquelle, entre autres, Mirringoff a cherché à mettre en place des indicateurs de santé sociale (fin des 90’s)

A l’aide d’un tel indicateur, on peut tenter de réconcilier croissance et bien être, et d’analyser si la croissance est essentiellement gage de bien-être.

B. Butstill the GDP :
De plus, la croissance et la production de biens et services est malgré ces insuffisances nécessaire : indépendamment des inégalités qu’elle peut susciter, la croissance est ce qui permet à une population qui elle-même croit, de ne pas s’appauvrir. Si la production de biens et services s’accroit moins vite que la population, alors les services *mis* à disposition des individussont plus rares. Cette rareté risque de s’exprimer par de l’inflation. Concrètement, Maddison a montré que
de 1500 à 1820, le taux de croissance était de 15% ;
alors que depuis 1820 jusqu’à 2000 on a assisté à une multiplication par 8 de la production de B et S à l’échelle mondiale.
*Selon l’OCDE, cette multiplication a été permise par des gains de productivité qui au cours du 20ème* ontété multipliés par 50. Cet accroissement a permis une hausse du pouvoir d’achat, donc du bien-être, en tout cas matériel, notamment de la classe ouvrière, comme l’ont montré Marchand et Thélot (pouvoir d’achat *x* 8 dans un pays comme la France). Ceci a permis l’avènement d’une société de consommation, qui si elle ne satisfait pas toujours psychologiquement les individus, satisfait largement plus...
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