Quelques citations et passages utiles sur la poésie

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  • Publié le : 16 juin 2010
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Poésie et langage

Maeterlinck : « Le poète doit, me semble t-il être passif dans le symbole, et le symbole le plus pur est peut être celui qui à lieu à son insu et même à l’encontre de ses intentions : le symbole serait la fleur de la vitalité du poème »
Ces paroles sont l’illustration de toute la puissance du langage poétique, de cette équivocité qui lui est propre, s’appuyant sur lapolysémie et les alliances surprenantes de mots .A puissance créatrice du langage poétique correspond la profusion d’images diverses notamment lorsque les mots n’ont plus de réalités propres sinon qu’ils s’en dégagent une multiplicité de métaphores. L’image dépasse alors la pensée de l’auteur, et le langage par son équivocité, en devient presque incontrôlable.
Lamartine et le lyrisme
Les Méditationspoétiques, mince recueil de 24 poèmes, produisirent l’effet d’une révolution en poésie, par l’introduction d’un lyrisme que certains verront comme l’apparition de l’essence même du mouvement romantique. L’auteur place les « soupirs de l’âme », vibrations intimes et inséparables du « sentiment de la nature », comme l’objet principal de sa poésie.
Ainsi dit -il dans sa préface , «  Je suis lepremier qui ait fait descendre la poésie du Parnasse , et qui ait donné a ce que l’on appelait la Muse , au lieu d’une lyre à sept cordes de conventions , les fibres même du cœur de l’homme , touchées et émues par les innombrables frissons de l’âme et de la nature »

Cycle de la souffrance
Dans les Méditations, les vibrations intimes de l’âme sont inséparables du sentiment de la nature, amie,confidente et consolatrice qu’il associe à ses joies et ses peines : L’isolement ou Le Vallon par l’évocation de ces paysages indécis et riches en suggestions a pour effet d’accorder secrètement notre sensibilité avec l’état d’âme du poète qui nous révèle ainsi sont paysage intérieur.
Je promène au hasard mes regards sur la plaine
Dont le tableau changeant se déroule à mes piedsL’isolement

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes
Il serpente et s’enfonce en un lointain obscur

Aux tourments de l’âme endeuillée du poète répondent l’évocation du tumulte des sentiments dans «  vagues écumantes » et le verbe « gronder »

Mon âme s’assoupit au murmure des eaux Le Vallon

L’amour et la souffrance liée à l’amour

Le poème « L’automne »évoque le caractère salvateur de l’amour, celui que le poète voue à Miss Birch , qui le tire du désespoir dans lequel il était plongé –« Et je dit : « Nulle part le bonheur ne m’attend » »- après la mort de Julie Charles en décembre 1817 , immortalisée sous le nom d’Elvire par le poète. Cette passion, qu’il évoque dans le poème, introduit une note d’espoir :

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de lavie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie L’automne
Contemple tout ses biens dont je n’ai pas joui

Plus loin il dira :

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel

Dans Le Lac, le poète son aspiration à un amour éternel qui perdure dans le souvenir

« O temps, suspend tonvol, et vous heures propices
Suspendez votre cours. »
Le Lac
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ; »

Le malheur du rendez vous manqué, Lamartine viens seul au rendez vous devant le lac du Bourget, Julie Charles étant retenue à Paris, souffranted’une maladie qui devait lui être mortelle.

« Regarde ! Je viens seul m’assoir sur cette pierre
Ou tu la vis s’assoir ! « 

Lamartine, « Les méditations poétiques », L’isolement, 1820
Composé après la mort de Julie Charles en décembre 1817, jeune femme dont Lamartine s’était épris et qu’il immortalisa sous le nom d’Elvire, L’isolement traduit « la complète solitude et l’isolement total »...
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