Question de corpus sur la fontaine, boileau et esope

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  • Publié le : 13 novembre 2011
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Ce corpus présente une forme d’unité : toutes les textes sont des fables et deux d’entre eux sont des réécritures de celle d’Esope Le vieillard et la Mort. Dans ces fables, l’histoire et la trame narrative sont commune : un personnage qui ne vit que par la souffrance que lui procure ce travail et décide alors de mourir, mais il finit par changer d’avis et retourne à sa vie. La question est desavoir quelle vision les fabulistes classiques que sont La Fontaine et Boileau peuvent avoir sur cet apologue antique et s’ils lui donnent une portée et une réflexion nouvelle…
Etudions tout d’abord le personnage de la fable de la Fontaine, La Mort et le Bûcheron. « Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée » (v.1) suggère ici un grand aspect d’infortune chez cet homme: les ramées sont des branchescoupées donc du bois, le bois est le symbole de l’âge ou encore de la misère puisque le bois est un matériau vital et donc très recherché par les miséreux comme ici, le bûcheron. « Pauvre » développe un attendrissement du lecteur sur ce personnage qui est présenté ici comme un malheureux comme le rappelle le vers 12 : « Lui font d’un malheureux à la peinture achevée » (v.12).L’omniprésence dutravail chez cet homme est symbolisée par « tout couvert de ramée »(v.1), il perd en quelque sorte son humanité avec l’expression « tout couvert » le bois devient son corps : il devient végétalisé. Cet homme nous apparaît comme personnage déjà vieux « aussi bien que des ans » (v.2) possédant une vie difficile où seul le travail existe « jamais de repos » v.9. Il se fait donc ainsi écraser par sonfagot de bois, «sous le faix du fagot » (v.2), représentatif de son malheur. Ceci augmente le côté pathétique du personnage et le sentiment de compassion qu’éprouve le lecteur à l’égard de ce pauvre homme. Par la suite au troisième vers « Gémissant et courbé, marchait à pas pesants » le champ lexical de la douleur est utilisé ici : il accentue l’affection que le lecteur porte déjà à cepersonnage, de par l’impuissance que celui-ci possède face à cet homme qui souffre. L’apposition du sujet renforce la valeur des mots exprimés : « gémissant et courbé » (v.3) cet homme croule sous le poids du matériau et de la douleur qu’il possède. L’expression « à pas pesants » (v. 3) illustre la marche lente et pénible de ce bûcheron. Ici un sentiment d’empathie qui s’était déjà construit petit à petitauparavant apparaît clairement chez nous, lecteurs. La fatalité est mise en valeur dans le vers « Enfin n’en pouvant plus d’effort et de douleur » (v.5), par l’adverbe « enfin » marquant la fin du combat du bûcheron face à cette force qu’est la nature. Celle-ci l’a épuisé jusqu’au bout. Le portrait d’un homme admirable, résistant et déterminé se dessine alors chez La Fontaine : le bûcherondevient alors un héros. Enfin, ce héros souhaite mourir comme chez Esope : « Il appelle la Mort » mais se « défile » finalement par l’expression « A recharger ce bois » (v. 16) qui le ramène à sa vie de souffrance et de travail ; le suffixe « -re » illustre ce retour à la vie. Le héros dont La Fontaine nous a dressé le portrait, s’éteint alors à jamais et redevient le commun des mortels en quatrevulgaires mots.
Chez Boileau comme chez la fontaine, le corps tout entier du bûcheron est couvert de bois et écrase « un pauvre bûcheron » (v.2). La compassion se reflète alors dans le vers suivant « le dos chargé de bois, et le corps tout en eau, ». « Un pauvre bûcheron, dans l’extrême vieillesse, » (v.2) présente ici un personnage qui est peut être plus vieux que ses compères puisque l’adjectif «extrême » met en évidence ce vieillissement. La césure, due à la présence de deux hémistiches, accentue la faiblesse et la langueur du personnage. Le bûcheron, tout comme chez Esope, marche sans savoir où aller comme chez le fabuliste grec. Il marche « en haletant de peine et de détresse » (v. 3), cependant la peine et la détresse expriment des afflictions morales qui ne suscitent pas...
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