Question de corpus sur les registres

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1356 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Question de Corpus

Voltaire (1694 - 1778 ) est un des plus grands écrivains français, tant par son talent que par sa variabilité dans les genres. Tantôt philosophe, tantôt polémiste satirique, il laisse derrière lui une œuvre considérable de textes engagés ayant marqués l'histoire par leurs propos osés et révoltants. Comme les trois extraits dont nous disposons, tirés de Histoire des voyagesde Scarmentado écrite par lui-même, Torture et Lettre à monsieur le comte d'Argental, respectivement écrits en 1756, 1764 et 1762. Le premier passage nous relate les mémoires d'un jeune homme faisant l'expérience de l'intolérance, l'injustice et la tyrannie au sein de l'Espagne. Dans le suivant, Voltaire fait une critique violente de la torture, traitement encore infligé aux accusés, malgré sonabolition en 1780. Quant au dernier, Voltaire rédige une lettre a l'adresse d'un comte, lui relatant l'injustice et les traitements infligés à un père de famille qu'on a roué, malgré le manque de preuves et le témoignage de certaines personnes de sa famille l'innocentant.

L'utilisation par Voltaire du registre polémique est quasi évidente, son but étant de dénoncer par des propos violents, voireagressifs. Dans sa Lettre a monsieur le comte d'Argental, Voltaire s'engage personnellement à dénoncer l'injustice face aux présumés coupables, par l'utilisation très prononcée du « Je » ( « je m'intéresse si fort … » ). Il pose notamment une question très pertinente, résumant bien la justice de l'époque : « A quoi tiens donc la vie des hommes ? » à laquelle il répond : « Quoi ? Parce qu'il nes'est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille … » ce qui dévoile l'absurde des jugements de l'époque, injustice que Voltaire va dire qu'elle « déshonore la nature humaine » . Pour conclure, il ira même jusqu'à qualifier de « fanatisme horrible » la pensée du peuple, expliquant peut-être même l'attitude des juges (« fanatisme qui a pu passer du peuple aux jugesprévenus »), mais pas le fait qu'il soit intolérable et même irresponsable de condamner un présumé innocent. Il conclut sa lettre avec ce conseil donné au comte, qui se révèle être la justice que prône Voltaire : « il est toujours utile d'approfondir la vérité ». Voltaire conclut tout aussi bien avec ce même registre Torture, avec cette dernière phrase : « Elles ne savent pas qu'il n'y a pointau fond de nation plus cruelle que la France », révélant l'aversion qu'il éprouve contre les abus de la justice française, inégale et corrompue.

Mais dans son but de s'engager, Voltaire a pu tout aussi bien utiliser le registre satirique. La manière de faire passer le message est différente, mais le but reste le même : dénoncer. Ainsi dans Torture, il établit une critique des traitements desprisonniers, et la réaction absurde d'un magistrat ayant du mal à considérer comme homme un prisonnier déshumanisé par son ordre de séquestration : « Il n'y a pas d'apparence non plus qu'un conseiller de la Tournelle regarde comme un de ses semblables un homme qu'on lui amène hâve, pâle, défait, les yeux mornes, la barbe longue et sale couvert de la vermine dont il a été rongé dans in cachot. ».Voltaire va même jusqu'à les comparer aux esclaves a l'époque romaine, considérés eux aussi comme inférieurs aux hommes. Mais Voltaire ne s'arrête pas là. Il va tout aussi ironiquement établir une caricature de la femme du magistrat ( « La première fois madame en a été révoltée, à la seconde elle y pris goût, parce que après tout les femmes sont curieuses ; » ) en exagérant sa naïveté cruelle et sacuriosité indécente. Puis Voltaire s'attaque aux français dans un ordre plus général ( « Les Français, qui passent, je ne sais pourquoi, pour un peuple fort humain, s'étonnent que les Anglais, qui ont eu l'inhumanité de nous prendre tout le Canada, aient renoncé au plaisir de donner la question. » ) tout en mettant en valeur l'absurdité des propos et des priorités, ainsi que leur incohérence :...
tracking img